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Les aides à la relance explosent


Vendredi 25 Août 2017 - écrit par Luc Ollivier


ACPR, AEPE, deux acronymes que les entreprises du fenua ont rapidement adoptés, tant ces dispositifs d’aide à la relance économique étaient attendus. Le budget initial cumulé de 280 millions de Fcfp devrait être porté à 700 d’ici la fin de l’année. Bouffée d’oxygène pour les uns, arrière-pensée électorale pour les autres, la vision diffère suivant que l’on soit de la majorité ou de l’opposition.



De très nombreux commerces, notamment du centre-ville de Papeete, ont bénéficié des mesures gouvernementales. crédit photo : Ville de Papeete
De très nombreux commerces, notamment du centre-ville de Papeete, ont bénéficié des mesures gouvernementales. crédit photo : Ville de Papeete
Après une mise en place effective au cours du dernier trimestre 2016, le dispositif d’Aide pour la revitalisation des commerces de proximité et des restaurants (ACPR), qualifié de conjoncturel, est depuis sorti de son cadre, en raison de son succès, tout comme l’Aide à l’équipement des petites entreprises (AEPE), qualifiée d’aide conjoncturelle, mais aussi structurelle, car cette dernière permet notamment la modernisation des petites entreprises et l’amélioration de leur compétitivité.

Jamais les entreprises du fenua, parfois en nom propre et hormis les professions libérales, n’ont pu bénéficier d’autant de soutien de la part d’un gouvernement. Les dotations budgétaires, chacune de 140 millions de Fcfp ont depuis longtemps explosé, au point que le montant global des aides cumulées, aujourd’hui à plus de 400 millions de Fcfp, devrait franchir allègrement la barre des 700 millions de Fcfp avant la fin de l’année. Ces aides, mises en avant chaque semaine lors de la lecture du compte rendu du conseil des ministres, commencent à s’apparenter, pour l’opposition, à de la propagande électoraliste à quelques mois du rendez-vous des territoriales, au même titre que d’autres mesures récemment prises, quand d’autres, moins populaires, tardent à venir.
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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier