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Les années CEP sont au cœur de l'intrigue de la BD Catalina, mon amour


Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Marcel Bauer et Robert Koenig


C’était en 1968, il y a 50 ans (déjà !) à Tahiti : un vol de documents classés secrets au Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP), une enquête tout azimut confiée aux services secrets français, des suspects tout trouvés dans les milieux autonomistes et indépendantistes, une histoire d’amour entre une secrétaire en uniforme et un journaliste américain, un accident de Catalina dans un lagon… Quel beau scénario pour une BD !



Nous sommes donc en 68. Au début de l’année, des agents secrets détournent au-dessus de la Bourgogne et à visage découvert un avion dans lequel se trouve Francis Sanford, soupçonné du vol de ces documents secrets… Le député allait rencontrer Pouvana'a a Oopa, encore en résidence forcée en France, et John Teariki, alors président de l’Assemblée territoriale.
Une piste éminemment politique alors que doit se préparer, en toute sécurité, le premier essai d’une bombe thermonucléaire à Moruroa ; il est prévu en août…
C’est le prétexte d’une belle aventure d’aviation à Tahiti et dans les îles – et Callixte, le dessinateur-concepteur de la BD, donne libre cours à son sens du détail dans ses dessins des avions civils et militaires dans le ciel et sur les lagons des Tuamotu, ou des édifices de Hao ou de Papeete : c’est tout simplement extraordinaire ! Le lecteur se croirait projeté aux débuts du CEP et des essais aériens...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier