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Les cantines scolaires de Moorea dans la tourmente


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Rurua Toatane




Crédit photo : DR
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Avec une première audience programmée ce lundi 4 juin, la justice ne devrait plus trop tarder à se prononcer sur le dossier opposant la commune de Moorea-Maiao aux salariés des cantines qui luttent pour ne pas perdre leurs acquis sociaux lors de ce changement de statut lié à la reprise du service de restauration scolaire en régie municipale. Un changement motivé par de nombreuses dérives sur lesquelles deux intervenants ont bien voulu s’exprimer.
Alors que la reprise du service de restauration scolaire en régie municipale est effective depuis juillet 2017, la commune de Moorea-Maiao aura prochainement rendez-vous avec la Confédération des syndicats indépendants de Polynésie (CSIP) au tribunal du travail pour connaître notamment le sort des salariés de Tau Tama Here, l’ancienne fédération chargée de gérer les cantines scolaires de l’île Sœur.
Pour rappel, l’organisation syndicale CSIP, représentée par Gisèle Teheiura, conteste la décision de la municipalité de vouloir reprendre les salariés de la fédération sans conserver les acquis liés à leur ancien contrat de travail. La commune, quant à elle, assure vouloir suivre le processus de recrutement légal de la fonction publique...

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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier