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Les dés sont-ils déjà jetés ?


Vendredi 11 Août 2017 - écrit par Luc Ollivier


Une île défigurée par l’extraction du phosphate de 1906 à 1966 peut-elle être réhabilitée par une nouvelle campagne d’extraction ? En d’autres termes peut-on soigner le mal par le mal ? C’est à cette question que le gouvernement va devoir se prononcer dans un calendrier que lui seul maîtrise tout en laissant une fenêtre d’expression à la population. Si la réhabilitation de Makatea à laquelle Édouard Fritch se dit attaché va se heurter à l’opposition politique et au religieux, elle semble déjà bien engagée.



Julien Mai (maire délégué de Makatea) et Édouard Fritch à Makatea  en juillet dernier. crédit photo : Tahiti Infos
Julien Mai (maire délégué de Makatea) et Édouard Fritch à Makatea en juillet dernier. crédit photo : Tahiti Infos
Makatea est-elle condamnée à rester l’île aux milliers de trous ? Makatea est-elle condamnée à voir ses 68 habitants ne vivre que de pêche, de coprah, et chasse au kaveu ? Assurément pas. Et c’est bien là le seul point sur lequel toutes les parties sont d’accord. Oubliée pendant un demi-siècle, après le départ précipité de la compagnie française qui l’avait exploitée, Makatea est aujourd’hui au centre de toutes les attentions, en fait depuis l’annonce d’une possible reprise de l’extraction par la société Avenir Makatea de l’Australien Colin Randall. Il faut reconnaître à ce projet qu’il a été jusqu’à présent le...

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Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier