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Les meilleures années du groupe Temaeva


Vendredi 26 Juin 2020 - écrit par Jean-Claude Soulier


Cette année, aux concours de chants et danses du Heiva i Tahiti, il aurait été nécessaire de compter une fois encore sur la présence du groupe Temaeva de Coco Hotahota qui devait de nouveau se présenter place To’atā, après cinquante-huit ans d’existence, pour tenter de décrocher une fois de plus le prestigieux prix Madeleine Moua dans la catégorie Hura Tau. Une fois encore, Coco se serait remis en question en présentant un spectacle inédit – sur le thème "Heiva, les réjouissances" – et ce ne sont pas ses admirateurs ni ses détracteurs qui s’en seraient plaints, tant ils reconnaissaient les uns comme les autres son talent à étonner, passionner, voire provoquer, afin de mieux faire passer ses idées et ses grandes passions qu’étaient l’amour de la danse et l’amour de son pays, de ses racines.



Le groupe Temaeva au Tiurai en 1970 - Crédit photo : Jean-Claude Soulier
Le groupe Temaeva au Tiurai en 1970 - Crédit photo : Jean-Claude Soulier
Malheureusement, tout cela n’aura pas lieu avec le départ prématuré de Coco Hotahota, grand chef de la danse polynésienne, disparu le 8 mars dernier. Malgré ce drame, les membres du groupe Temaeva avaient souhaité présenter son programme préparé de longue date et lui rendre ainsi un nouvel hommage après celui qui lui fut rendu à l’heure de sa disparition le 9 mars dernier place To’atā. Au même instant, commença à déferler la vague provoquée par le coronavirus et la décision fut prise d’annuler les soirées de concours de chants et danses du Heiva 2020. Nous ne verrons donc pas, malgré leur souhait de se présenter devant les membres du jury, les danseurs et danseuses du groupe Temaeva rendre ainsi une fois de plus hommage à leur chef disparu. Mais ce n’est que partie remise, car ils seront bien présents l’année prochaine pour présenter le dernier spectacle conçu par Coco Hotahota avant sa disparition.
 En attendant, pour rendre hommage au grand chef mythique que fut Coco et pour rester dans l’esprit du Heiva, nous vous proposons une rétrospective des différentes étapes parcourues par le groupe Temaeva depuis sa création, en 1962...

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT