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Les mineurs, principales victimes des infractions sexuelles


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Garance Colbert




Lorsque les violences ont lieu en milieu intrafamilial, leur révélation divise la famille, isolant souvent le mineur. Crédit photo : DR
Lorsque les violences ont lieu en milieu intrafamilial, leur révélation divise la famille, isolant souvent le mineur. Crédit photo : DR
Abus sexuels, viols, prostitution, le tribunal ne désemplit pas et un constat s’impose : les mineurs payent un lourd tribut en matière d’infraction à caractère sexuel et ce, très souvent au sein même de leur cellule familiale. Il demeure difficile d’obtenir des chiffres qui permettraient d’avoir une vision d’ensemble sur ce fléau qui gangrène de nombreuses familles polynésiennes. La justice et les associations en fournissent mais ils correspondent au moment où les crimes ont été dénoncés et seront souvent sanctionnés par l’appareil répressif. L’on déplore quasi quotidiennement des violences sexuelles commises sur un mineur par l’un de ses ascendants : père, beau-père, oncle ou cousin. Souvent dénoncés par le corps éducatif, ces crimes ont parfois été tus par le reste de la famille pendant des années. Leur dénonciation divise violemment les familles et peut mettre les victimes à l’écart, jusqu’à l’isolement affectif dans certains cas. Du fait de leurs âges et de leur vulnérabilité, les mineurs sont donc les principales victimes de ces abus. Plusieurs affaires en cours impliquent également des individus ayant eu recours à la prostitution de mineures, celles-ci étant intimement liées à la précarité sociale et à la consommation de stupéfiants...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier