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Les unu détournés de Gaya


Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Dominique Schmitt


À l'occasion du 170e anniversaire de la naissance de Paul Gauguin (1848-1903), célébré le mois dernier à Tahiti, l'artiste Gaya a réalisé une œuvre in situ
pour le moins insolite devant le marae Ta’ata, à Paea. À lecture multiple, ce "conceptual land art" dénonce notamment l'élitisme, les lieux tabu et les problèmes fonciers en Polynésie.



Gaya aime étonner et détonner, à l'image de son "Christ Bleu" réalisé en 2003. L'année dernière, pour fêter ses quinze ans de présence au fenua, l'artiste autodidacte et pluridisciplinaire a proposé une rétrospective de son œuvre au travers d'une cinquantaine de créations surprenantes. Cette fois, dans le cadre de la commémoration de la naissance de Paul Gauguin, il a réalisé une œuvre in situ dans un marae. Il explique sa démarche artistique qui peut surprendre : "Une barrière VIP (Very Important People) est, comme vous le savez, une barrière que l’on place devant l’entrée des « grands événements » réservés à une certaine élite et qui sert à stopper et filtrer les entrées qui sont sur invitations, et donc à éviter l’intrusion des gens non inscrits sur la liste de ces personnes dites, TRÈS importantes."
Et de poursuivre : "Ici « mon VIP » est transposé en « Very Important Polynesia »...

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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier