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Makatea : entre folklore et carnaval !


Vendredi 28 Juillet 2017 - écrit par Boris Alexandre Spasov


"Il faut retrouver l’unité perdue du stratégique et du politique", André Glucksmann (philosophe)



Où est le ministre de l'Environnement Heremoana Maamaatuaiahutapu ?  Et bien non, il ne s'est pas déplacé à Makatea avec ses collègues du gouvernement. Il n'y avait plus de place pour lui sur le Tahiti Nui, a-t-il affirmé sur Polynésie 1ère. Surprenant, non ? crédit photo : Tahiti Infos
Où est le ministre de l'Environnement Heremoana Maamaatuaiahutapu ? Et bien non, il ne s'est pas déplacé à Makatea avec ses collègues du gouvernement. Il n'y avait plus de place pour lui sur le Tahiti Nui, a-t-il affirmé sur Polynésie 1ère. Surprenant, non ? crédit photo : Tahiti Infos
L'objectif politique en Polynésie française devrait, me semble-t-il, être axé sur un monde ouvert et une transparence totale sur la gestion des affaires, au moins vis-à-vis des concitoyens et électeurs. Cela s’appelle la démocratie. S’inscrire dans un rapport de force quand on n’a pas toutes les informations et que l’on n’a pas forcément les compétences pour les aborder est une erreur considérable ! "Vous allez voir ce que vous allez voir."
L’industrie minière mondiale, à part quelques exceptions, est en berne, hormis le secteur des terres rares. Les exploitations de phosphate, charbon et nickel sont des secteurs sinistrés, en réorganisation totale. Les restructurations à travers le monde et l’histoire ont laissé beaucoup de gens sur le "bord de la route" et ce n’est pas fini. Certaines mines ne tiennent financièrement que par la magie de la spéculation ou par les jeux d’écritures comptables. On spécule sur tout ! Y compris sur la misère humaine, ce qui explique certains bilans, et ça, les Anglo-Saxons savent très bien le faire.
Nous y reviendrons dans le détail lors d’un dossier. La sortie quelque peu discutable des "associés" Colin Randall et le gouvernement polynésien sur la réouverture de la mine de phosphate de Makatea rentrera dans l’histoire déjà bien chargée de la Polynésie française. La communication, le choix des médias et du nombre de journalistes, l’affrètement ubuesque du navire excluant de fait les opposants au projet de mine est pathétique ! Poutine n’a qu’à bien se tenir, ici c’est pas mal non plus.
Alors, afin de ne pas subir les événements qualifiés de folklore et de carnaval, il est temps de penser et de comprendre ce que l’on regarde et ce que l’on observe. C’est un travail qui doit être fait par deux parties : l’une
s’appelle le politique et l’autre le stratège. Les deux doivent travailler ensemble.
Malheureusement, dans notre belle île en tous cas, la "race" des stratèges a disparu. Ce n’est pas le politique, les membres de la famille, les amis ou le technicien, que l’on appelle parfois le technocrate, qui peuvent trouver les solutions. Le politique a besoin de stratégie. Le stratège, c’est l’homme de l’art, de la science et de l’action. C’est au stratège d’ouvrir les pistes du politique et non pas aux lobbyistes et hommes d’affaires en mal d’aventure.
Tahiti, comme bien d’autres pays, devra faire face à son Histoire et on prendra alors conscience qu’il n’y a pas que les colons qui auront laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de la Polynésie française.

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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier