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Marie Moua Tapare, la Miss France "oubliée"


Vendredi 14 Juin 2019 - écrit par Jean-Claude Soulier


Les plus anciens s’en souviennent peut-être, mais la plupart d’entre nous ne le savent pas. La première Polynésienne sacrée Miss France fut Marie Moua Tapare. Aujourd’hui, on ne l’évoque jamais, et bien que son titre soit devenu "officieux", il convenait de lui rendre hommage à l'heure de l'élection de Miss Tahiti, afin de ne pas oublier qu’elle aussi a représenté avec brio la beauté des femmes du fenua.



Marie Moua Tapare, Miss France 1967, et ses demoisel-les d’honneur, Miss Bourgogne et Jeanne Beck, Miss Normandie, qui deviendra Miss France 1967 après le renoncement de Marie Moua, qui, elle, recevra le titre de Miss France hors concours. Crédit photo : Jean-Claude Soulier
Marie Moua Tapare, Miss France 1967, et ses demoisel-les d’honneur, Miss Bourgogne et Jeanne Beck, Miss Normandie, qui deviendra Miss France 1967 après le renoncement de Marie Moua, qui, elle, recevra le titre de Miss France hors concours. Crédit photo : Jean-Claude Soulier
Comme tous les ans, voici revenue la saison des Miss. De Miss Punaauia à Miss Dragon, de Miss Marquises à Miss Raromatai, à chacun la sienne. Cependant, celle qui draine tous les amateurs de beautés polynésiennes, celle qui attire toujours le maximum de spectateurs, celle qui déchaîne le plus de passion c’est, on l’a deviné, l’élection de Miss Tahiti. Il est vrai qu’elle envoie directement en fin d’année l'heureuse élue à la prestigieuse élection de Miss France, voire à celles de Miss Monde ou de Miss Univers.
Et chaque année, de nous rappeler que nous avons la chance d’avoir été gâtés par le passé pour avoir vu à plusieurs reprises nos beautés des mers du Sud se distinguer en montant sur les premières marches du podium de ce bel événement qu’est le sacre de Miss France. Et chaque année, d'énumérer les précédentes Miss Tahiti qui ont effectué ce parcours sans faute.
À ce jour, au regard des résultats officiels, le comité Miss Tahiti est l'un des comités qui a remporté le plus de fois le concours Miss France (voir encadré ci-contre), avec cinq lauréates : Edna Tepava en 1974, Thilda Fuller en 1980 qui renonça à son titre après trois jours de règne, Mareva Georges en 1991, Mareva Galanter en 1999 et Vaimalama Chaves en 2019. Il y eut cependant une sixième Miss France, en 1967, une Miss France "oubliée" car après avoir été couronnée officiellement, son titre se transforma en Miss France hors concours. En effet, elle ne pouvait assurer des obligations qui exigeaient d’elle qu’elle rompe un contrat qu’elle venait de signer et qu’elle demeure une année en métropole pour honorer toutes les charges inhérentes à son titre prestigieux. Il s’agit de Marie Moua Tapare, la première Polynésienne à avoir obtenu le titre de Miss France. Nous avons souhaité lui rendre hommage...

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Confiture et déconfitures…

Confiture et déconfitures…
Le landerneau polynésien a été agité ces dernières semaines. D'abord, on a appris que l'affaire JPK faisait de nouveaux remous et remontait à la surface plus de 21 ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, avec la garde à vue, puis la mise en examen pour "meurtre" de l'ex-compagne et de l'ami du journaliste, Miri Tatarata et Francis Stein, respectivement directrice de l'Environnement et directeur adjoint du Service de la culture et du patrimoine. L'occasion pour Tahiti Pacifique de se replonger dans ses archives et de rappeler comment la politique peut peser sur la justice (lire page 38). C'est valable encore aujourd'hui avec, comme piqûre de rappel, ce nouvel épisode dans l'affaire Te Maru Ata, où des propriétaires "irréductibles" font face depuis plus de vingt ans à l'obstination du promoteur du lotissement, Bill Ravel (lire page 16), qui a bénéficié à plusieurs reprises du soutien politique de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, en charge des Transports interinsulaires maritimes et aériens, et porte-parole du gouvernement. Tous deux sont sous le coup d'une mise en examen pour "soupçons de corruption" aux côtés d'Emmanuel Sztejnberg-Martin, ancien responsable de la communication du haut-commissariat.
La même semaine, celle où l'on a célébré l'autonomie du Pays, une salve de condamnations et de mises en examen a ébranlé le fenua. Notre ex-président, Gaston Flosse, et notre actuel président, Édouard Fritch, ont été condamnés dans l'affaire de la citerne d'Erima : le premier a écopé de 2 ans de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et 3 ans d’inéligibilité ; quant au second, il lui est réclamé 5 millions de Fcfp d’amende et 46,3 millions de Fcfp de dommages et intérêts. Les deux hommes, ancien et actuel maires de Pirae, ont été accusés de "détournement de fonds publics" pour avoir fait supporter aux administrés de Pirae l’adduction en eau au domicile de Gaston Flosse, à Arue, depuis 1989. Ils ont décidé de faire appel de ces décisions. Dans la foulée, trois chefs de service locaux ont été mis en examen : deux pour meurtre (cités plus haut) et un pour proxénétisme de mineurs de moins de 15 ans (il sera jugé en comparution immédiate le 18 juillet, aux côtés de deux chefs d'entreprise et d'un pharmacien). Peu de temps auparavant, le maire de Papara et représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Putai Taae, a été, lui aussi, condamné pour "prise illégale d'intérêts et recel d'abus de confiance" pour avoir versé des subventions à l’association Ia Ora Papara, dont il était le président d’honneur. L'affaire Haddad-Flosse, elle, a été renvoyée en septembre, pour la quatrième fois en quinze mois.
Au vu du nombre d'hommes politiques ou de responsables corrompus à Tahiti et dans les îles, on devrait lancer un concours : celui qui trempe le mieux le doigt dans la confiture ! D'ailleurs, souvent, ce n'est plus le doigt, mais le bras entier qui plonge dans le pot… Par contre, côté projets, le gouvernement collectionne les déconfitures, à l'instar du Village tahitien. Ainsi, malgré deux reports de date (le 22 mars et le 6 mai 2019), les investisseurs maoris et le Samoan Frederick Grey n'ont pas concrétisé leur offre. Le groupement Kaitiaki Tagaloa avait pourtant été déclaré lauréat le 13 avril 2018 des six lots d’hébergements touristiques de l'appel à projets sur les seize lots que constitue le projet global et avait signé le 17 août suivant le protocole d’engagement avec TNAD. Le délai ayant expiré, deux prolongations de 45 jours leur ont été accordées jusqu'à la date butoir du 30 juin dernier. Désormais, on attend le plan B de  la Vice-présidence, en charge de la supervision de ce grand projet d'investissement, qui a déjà coûté la bagatelle de 700 millions de Fcfp de frais d'études. On guette aussi des nouvelles de la ferme aquacole de Hao, dont on a fêté, le 6 mai dernier, le quatrième anniversaire de la première pierre inaugurale…

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt