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Médecine traditionnelle : à la poursuite de la potion magique


Vendredi 19 Octobre 2018 - écrit par Simone Grand




Le mois dernier, l’Académie tahitienne publiait Rā’au Tahiti, un ouvrage en langue tahitienne qui compile les différentes utilisations de la flore polynésienne. Cette initiative (soutenue financièrement par le gouvernement), qui recense les différentes utilisations de la flore locale, vient aussi rappeler le long chemin qui reste à parcourir avant que toutes nos ressources végétales aient été analysées et livrent tous leurs secrets. Un chemin ouvert
il y a cinquante ans et aujourd’hui en friche. LO

Cela fait bien un demi-siècle que Paul Pétard, éminent pharmacien, étudia la pharmacopée tahitienne et en fit une thèse, d’où fut tiré le passionnant Plantes utiles de Polynésie, Rā’au tahiti (voir photo). C’est un livre de référence à plus d’un titre, dont les travaux auraient mérité d’être poursuivis, approfondis, en respectant la même exigence de rigueur et de clarté. Hélas ! Après une grand-messe de tahu’a, une enquête aboutit en 1990 à un petit rapport de cinq pages, une liste de recettes et un momentanément utile annuaire de tradipraticiens. Puis, à une chimiste novice, fut confiée la rude tâche de poursuivre l’œuvre de Pétard… avec les résultats que l’on imagine.

Étrange est cette obstination politicienne à vouloir trouver des remèdes miracles sans se donner les moyens d’arriver à au moins valoriser les produits avérés performants, comme l’huile de tamanu. Pour identifier les principes actifs, il existait sans doute quelque part dans le monde un chercheur senior en pharmacologie, apte à mener une équipe pluridisciplinaire et former en même temps des chercheurs locaux. Mais nos autorités n’en ont pas voulu, préférant une Mā’ohi inexpérimentée aux compétentes limitées à l’identification de molécules dont nul ne sut qu’en faire.
Ne pas se poser les bonnes questions revient à faire des incantations et s’attendre à ce que la Terre tourne à l’envers.
Me trouvant placardisée pour cause d’innovation numérique à une époque où l’expression "donnée numérique" était inconnue de la nomenklatura politico-syndicalo-administrative ; après un temps de sidération post-traumatique, je me lançai dans une enquête sur les soins traditionnels à Tahiti, chez les Maoris, aux Samoa et aux Hawaii...

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La Calédonie à qui perd gagne ?

Des vainqueurs qui restent sur leur faim, des vaincus plein d’espoir, le résultat du référendum d’autodétermination calédonien du dimanche 4 novembre n’a pas manqué d’afficher des sentiments opposés et même paradoxaux.
La victoire annoncée avant l’heure du "non" à la pleine souveraineté s’est avérée exacte, mais dans des proportions bien moindres que celles que laissaient escompter les sondages ou les dernières élections provinciales. Le deux-tiers/un-tiers s’est transformé en un 56,4/43,6 qui a surpris les observateurs, les électeurs et les responsables des partis politiques locaux.
La Nouvelle-Calédonie a donc affirmé son attachement à la France, mais pas d’une façon massive ; et la carte des régions pro et anti-métropole n’a que très peu bougé depuis la date des premiers accords en 1988. Un autre scrutin devenu incontestable en 2020 en raison du "faible" écart entre les opposants, puis peut-être encore un autre en 2022, vont plonger ce territoire dans un attentisme économique dont il aurait bien aimé se passer. Deux ou quatre ans, c’est peu pour faire basculer une majorité, mais suffisant pour faire tourner une économie au ralenti.
Ces résultats n’ont pas manqué de faire réagir le Tavini Huiraatira qui n’a pu s’empêcher de faire un parallèle avec la Polynésie française. Après des démêlés avec la justice "coloniale" et un tour de l’île en mémoire du leader autonomiste Pouvana'a a Oopa enfin réhabilité par cette même justice, Oscar Temaru demande à ce qu’un tel référendum soit organisé. Le leader bleu l’a souvent martelé, tout comme Moetai Brotherson : un vote pour l’indépendance n’a rien de comparable avec un vote pour les territoriales ; il ne faut pas se fier aux résultats de l’un pour estimer l’autre. Le résultat calédonien lui a donné raison. Voilà qui ne manquera pas de lui donner encore plus d’ardeur sur les bancs de la 4e commission de l’ONU.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier