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Médias locaux, les "oubliés" gouvernementaux


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


Ce n’est une surprise pour personne : le monde de la presse "traditionnelle" vit une grave crise identitaire et financière depuis l’arrivée d’Internet et, en corollaire, la diversité, voire l’indigestion, des "informations" qui circulent sur les réseaux sociaux. Si le développement du numérique est incontournable, indispensable, faut-il pour autant que dans les formations dispensées – et payées en partie par le gouvernement – , soient occultés les supports médiatiques "classiques" (télés, radios, presse papier…), au risque de les voir disparaître ?



Au XXI
  • e
siècle, il serait économiquement suicidaire pour toute société moderne de vouloir vivre en marge du numérique. Depuis une trentaine d’années, il a envahi la planète, investi les foyers et profondément modifié nos modes de vie et de consommation. La Polynésie française n’a pas échappé au phénomène en devenant une collectivité connectée, du moins pour ce qui est des personnes. Le constat est un peu moins vrai en ce qui concerne les entreprises. Les professionnels n’utilisent pas les outils qui sont à leur disposition, soit par manque de connaissance et/ou manque de concurrence. C’est pourquoi le gouvernement a entrepris depuis quelques années d’y apporter des solutions, au point d’y dédier un ministère...

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Un peu de mansuétude

Alors que le mercato bat son plein dans les listes électorales au moment du sprint final, prouvant s’il en était encore besoin toute la versatilité de nos hommes politiques, les plus beaux parleurs de chacune des six listes se démultiplient entre interviews pour la presse écrite et audiovisuelle, sans oublier les radios. Depuis la dernière quinzaine, le rythme s’est emballé car les meetings dans chaque archipel, île, ville et quartier se succèdent avec une certaine frénésie.
Toutes les annonces de ralliement sont bonnes à médiatiser, car elles tendent à prouver l’esprit d’ouverture de chaque liste ; c’est oublier un peu vite les rai- sons premières de ces désistements : la colère ou au mieux la déception. On ne recrute pas dans le camp d’en face par une subite « illumination » de l’intéres- sé(e) mais bien parce qu’il ou elle n’a
pas eu la reconnaissance espérée. Le transfert d’un historique de l’UPLD au Tahoera’a, Myron Mataoa, bien qu’il se défende d’avoir quitté ce parti d’union depuis longtemps, en est l’une des der- nières et plus parfaites illustrations. Le parti orange ne s’est pas privé d’en faire ses choux gras, comme d’autres partis ont pu le faire dans des circonstances similaires. Tous est bon donc pour montrer que l’on est ouvert et surtout à l’écoute de chacun.
Des associations l’ont bien compris, n’hésitant à interpeller publiquement les listes leur demandant de se positionner sur les causes qu’elles défendent. Ainsi, ces derniers jours, Te Ora Hau pour le bruit, Te Ora Naho pour l’environne- ment, l’ARPAP pour la protection ani- male, Te Vai Ara pour le classement des terrains en zone rouge ou bien encore, à titre plus personnel, Marama Vahirua, sur sa page Facebook, pour le sport, ont
tenté d’apporter un éclairage sur des questions de société. Il faut croire que les passages télé, les reportages, les pro- fessions de foi, les spots de campagne, la communication sur les réseaux sociaux ne suffisent plus.
Mais à ce train-là, on va les user nos futurs représentants, d’autant que d’ici peu, au soir du premier tour, ceux qui seront toujours en course devront redou- bler d’efforts jusqu’au 6 mai.
Alors, s’il vous plaît, un peu de mansuétude, laissez-les souffler un peu, à moins que vous ne vouliez les trouver complètement asphyxiés sur les bancs de l’assemblée. Ils n’auront que cinq ans, si tout va bien, pour se remettre de leurs émotions ; les nôtres viendront plus tard. Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier