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Médias locaux, les "oubliés" gouvernementaux


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


Ce n’est une surprise pour personne : le monde de la presse "traditionnelle" vit une grave crise identitaire et financière depuis l’arrivée d’Internet et, en corollaire, la diversité, voire l’indigestion, des "informations" qui circulent sur les réseaux sociaux. Si le développement du numérique est incontournable, indispensable, faut-il pour autant que dans les formations dispensées – et payées en partie par le gouvernement – , soient occultés les supports médiatiques "classiques" (télés, radios, presse papier…), au risque de les voir disparaître ?



Au XXI
  • e
siècle, il serait économiquement suicidaire pour toute société moderne de vouloir vivre en marge du numérique. Depuis une trentaine d’années, il a envahi la planète, investi les foyers et profondément modifié nos modes de vie et de consommation. La Polynésie française n’a pas échappé au phénomène en devenant une collectivité connectée, du moins pour ce qui est des personnes. Le constat est un peu moins vrai en ce qui concerne les entreprises. Les professionnels n’utilisent pas les outils qui sont à leur disposition, soit par manque de connaissance et/ou manque de concurrence. C’est pourquoi le gouvernement a entrepris depuis quelques années d’y apporter des solutions, au point d’y dédier un ministère...

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Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier