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Miriama Bono, la culture dans la peau


Vendredi 11 Août 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Portrait d'une vahine sur tous les fronts

Artiste talentueuse, femme active déterminée et mère de trois enfants, Miriama Bono conjugue parfaitement ses passions. Après une entrée remarquée au Fifo et des actions menées avec brio au ministère de la Culture, la vahine a pris la direction du Musée de Tahiti et des îles. Portrait d'une Polynésienne qui réussit tout ce qu'elle entreprend.



Miriama Bono est la nouvelle directrice de l'établissement culturel, qui abrite 18 salariés. crédit photo : Dominique Schmitt
Miriama Bono est la nouvelle directrice de l'établissement culturel, qui abrite 18 salariés. crédit photo : Dominique Schmitt
Née en juillet 1977 à Tahiti d'un père italien et d'une mère polynésienne, Miriama Bono grandit à Arue, "élevée aux Arnott's", ces fameux biscuits sucrés ou salés très consommés localement. Elle suit son cursus scolaire au collège de Taaone, puis au lycée Paul Gauguin où elle s'oriente vers une spécialisation artistique. Du haut de ses 18 ans, elle quitte le fenua pour s'envoler vers l'Hexagone afin de suivre des études d'architecture, d'abord deux ans à Montpellier, puis quatre ans au cœur de la capitale française, à l'École nationale supérieure de Paris-La Villette. Alors qu'elle pense s'installer durablement en métropole, le "blues du pays" ne tarde pas à la rattraper...


Trois grands thèmes sont abordés dans ce portrait de Miriama Bono : "Art : l'écriture en peinture", femme artiste, elle revient sur sa passion et sa pratique personnelle, "Carrière : du ministère de la Culture à la tête du Musée de Tahiti et des îles" et enfin "Les projets d'aménagement et de développement du Musée de Tahiti et des îles".

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Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier