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Misère électorale et misère populaire


Vendredi 18 Mai 2018 - écrit par Jean-Marc Regnault




Le second tour à Mahina. Un problème pour les forts en math : d’après le nombre de drapeaux, quelle est la probabilité du score de chaque couleur ? Réponse dans le premier paragraphe de l’article. On remarquera que les nuages se sont invités pour prôner le blanc… sans plus de succès que les Orange ! Crédit photo : Christine Richart
Le second tour à Mahina. Un problème pour les forts en math : d’après le nombre de drapeaux, quelle est la probabilité du score de chaque couleur ? Réponse dans le premier paragraphe de l’article. On remarquera que les nuages se sont invités pour prôner le blanc… sans plus de succès que les Orange ! Crédit photo : Christine Richart
Le nombre de drapeaux (voir photo) ne fait pas le nombre de voix. À Mahina, comme en d’autres communes, l’impressionnante cohorte de drapeaux orange n’a pas touché les électeurs (pas plus que l’omniprésence de l’ancien tavana privé de ses droits civiques). Dans cette commune de la côte Est, un quart seulement des suffrages est allé aux Orange quand les bulletins des Rouges ont largement dépassé les 50%.

Le nombre de personnes défilant et revendiquant dans les rues ne fait pas le nombre de voix. Les leaders syndicaux – qui prétendent représenter le peuple – devraient s’en souvenir.

Voilà deux leçons parmi beaucoup d’autres qu’il faut retenir de cette élection des représentants à l’assemblée de Polynésie française (fidèle à ce que Tahiti Pacifique a déjà souligné, je n’ai pas écrit "élections territoriales")...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier