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Mort dans l'incendie de Faa'a : l'association Tutelger mise en cause


Jeudi 28 Juin 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Après le décès d'un homme dans l'incendie d'une résidence qui accueillait des personnes handicapées à Faa'a, une information judiciaire a été ouverte, la semaine dernière, pour "homicide involontaire". Il semblerait que l'établissement ne répondait pas aux normes de sécurité, ce qui mettrait en cause l'association Tutelger, chargée d'assurer leur protection et subventionnée par le Régime de solidarité de la Polynésie française (RSPF). En outre,
ce drame met en lumière le manque de suivi dans la gestion des tutelles.



C'est une fois le feu éteint que les pompiers ont retrouvé un corps calciné lors de l'inspection du bâtiment, le 10 juin dernier. La victime était un majeur sous tutelle. Crédit photo : DR
C'est une fois le feu éteint que les pompiers ont retrouvé un corps calciné lors de l'inspection du bâtiment, le 10 juin dernier. La victime était un majeur sous tutelle. Crédit photo : DR
Le 10 juin dernier, vers 15 heures, un incendie s'est déclaré dans les locaux d'une résidence dans le quartier de Nuutania, à Faa'a. Le feu, qui aurait démarré au troisième étage, a détruit une partie des logements et surtout fait des dizaines de sinistrés et une victime. D'après nos informations, dès le lendemain, Jacques Raynal, le ministre de la Santé et de la Prévention, a demandé à l'Agence de régulation de l'action sanitaire et sociale (ARASS) de lui faire un point sur la situation. Tahiti Pacifique s'est en effet procuré le compte rendu de l'ARASS, qui semble mettre en cause l'association Tutelger. C'est elle qui a décidé de placer des personnes handicapées, sous sa responsabilité, chez
M. Mamatui Christian. Or, on apprend que ce propriétaire et résident louait une partie de ses logements à onze membres de sa famille et une autre partie à dix personnes majeures protégées atteintes de pathologies mentales. La victime, M. Tevaearai Gérard, qui est décédée dans les flammes, figurait parmi ces dernières...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier