Menu

Notre santé publique "malade" d’un manque de concurrence


Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Gilbert Wane - Alumni London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM)


Un système de santé est essentiellement financé sur fonds publics et jugé à partir d’indicateurs spécifiques. Notre Caisse de protection sociale (CPS), inspirée de la Sécurité sociale en France, assure la solidarité en payant la majeure partie de nos dépenses de santé. Donc qui dit dépenses publiques dit "efficience" ou l’efficacité au moindre coût. La présente étude de notre système de santé sera donc restreinte au principal critère d’évaluation de "l’efficience" (I), complétée de mesures phares qui dévoilent au passage un sérieux manque de concurrence (II).



I- L’efficience

L’efficience de notre politique de santé s'articule autour de trois points :
• L’état de santé de notre population, obtenu à partir de nos dépenses de santé 
• Nos dépenses pour obtenir cet état de santé
• Notre situation comparée aux autres pays

L’état de santé de notre population :

il repose sur deux principaux critères qui sont à comparer avec les moyennes mondiales :
• L’espérance de vie
• Les principales causes de mortalité

Notre espérance de vie pour 2015 est montée à 76,75 ans pour les deux sexes (source Banque mondiale). Le classement mondial de l’OMS nous place donc 46e avec le Mexique et la Slovaquie ; le Japon arrivant en 1er avec 83,7 ans et la France 10e avec 82,4 ans. D’après une récente étude scientifique (Yanping Li, 30 avril 2018), ne pas fumer, éviter ou boire modérément de l’alcool, faire de l’exercice régulièrement, maintenir un poids équilibré et manger sainement rallongeraient la longévité de 14 ans. Une autre étude (Leanne M. Redman, 3 avril 2018) confirme que manger moins (la restriction en calories ralentit le métabolisme et le vieillissement) a un effet bénéfique sur la longévité. Donc ironie du sort, si la richesse permet de manger avec excès pour tendre vers l’obésité, la pauvreté, elle, invite à la frugalité pour tendre vers un poids idéal et donc vers une meilleure longévité !

Malheureusement, cette longévité est compromise, puisque selon une étude du Lancet datée du 2 avril 2016, notre population était déjà l’une des plus obèses au monde...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 386 en cliquant ICI


Dans la même rubrique
< >

Vendredi 8 Février 2019 - 09:00 SDF : le coup de gueule de Père Christophe !


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier