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Nouvelle-Calédonie : Près de 60 % des sondés se prononcent contre l’indépendance


Vendredi 4 Mai 2018 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




À six mois du référendum, d’après un sondage I-Scope pour la chaîne Caledonia, le fossé s’élargit entre les partisans d’une Calédonie française et les sympathisants de l’indépendance.
L’écart se creuse. Un an après une première collaboration, l’institut I-Scope vient de publier, pour la chaîne de télévision Caledonia, les résultats d’un sondage sur les intentions de vote au référendum du 4 novembre. L’enquête a été menée du 16 au 25 avril, auprès de 682 personnes se déclarant inscrites sur la liste électorale spéciale pour la consultation. La question est telle qu’arrêtée au dernier Comité des signataires : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" D’après les conclusions présentées par la chaîne, le " non" grimpe à 59,7 % (contre 54,2 % en 2017, soit +5,5 %). Le "oui" atteint 22,5 % (il y a un an, 24,4 %, ou -1,9 %). Et les indécis se placent à 17,8 % - à la précédente édition, 21,4 %, ou -3,6 %.
Les partisans d’une Nouvelle-Calédonie maintenue dans le giron tricolore sont très largement majoritaires en province Sud (67 %), surtout dans le Grand Nouméa (70 %), mais aussi hors tribu (71 %), ou encore chez les femmes (62 %) et les plus de 60 ans (73 %). D’ailleurs, note l’institut, "le « non » a tendance à progresser avec l’âge". Sur l’autre rive politique, les sondés favorables à l’indépendance sont retrouvés en nombre sur la côte Est de la province Nord (50 %), et en tribu (46 %). Toutefois ce dernier résultat, imaginé plus haut de prime abord, vient corriger quelque peu une idée reçue sur le vote kanak en milieu tribal. D’autant que le taux d’indécis enregistré en tribu n’est pas négligeable (25 %). Plus encore, ce ratio diminue en une année, au bénéfice de la sensibilité d’une Calédonie tricolore. Ce sondage réserve quelques surprises. A l’image du quasi-équilibre observé en province Nord entre le "oui" et le "non" : 42 % et 41 %. Comment expliquer, plus globalement, la tendance ? Une évolution qui rejoint là, pour les loyalistes, à l’échelle du pays, dans le rapport de forces connu avec les indépendantistes, le score aux dernières élections provinciales : 60 % des voix environ. Très clairement, la mouvance pour une Calédonie française profite de l’érosion du « oui » et surtout d’une bascule d’une partie des indécis. Si, par un calcul simple, un report de ces non-choix est effectué sur les deux options en course, le fossé s’élargit : à peu près 30 % de "oui", contre 70 % de "non".
Diverses raisons peuvent expliquer la tendance entre les deux sondages. D’après les chiffres, les discours indépendantistes mobilisent moins. La conjoncture économique morose, la dégradation des finances publiques et la crainte d’un impact sur le quotidien, ont pu éroder la conviction de militants tentés par une Kanaky-Nouvelle-Calédonie souveraine. L’exposé complet du projet de société du FLNKS est-il, en outre, trop tardif, aux yeux de sondés ?
Les mouvements politiques de tout bord ont lancé la campagne sur le terrain. Propagande qui permettra de prendre le pouls de la séquence préréférendaire.
Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier