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Nouvelle-Calédonie : Référendum, Édouard Philippe trouve un "compromis" au bout de la nuit


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Agence France-Presse




À près de sept mois du référendum sur l'indépendance, les élus de Nouvelle-Calédonie sont parvenus au terme d'une réunion marathon et au bout de la nuit à un "compromis" sur la formulation de la question qui sera posée le 4 novembre, une solution "proposée" par Édouard Philippe.
La question, a annoncé le Premier ministre lors d'une déclaration nocturne à la presse vers 1h30 du matin mercredi, sera la suivante: "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?", avec un bulletin "oui" et un bulletin "non".
Ce choix, que M. Philippe a indiqué avoir "proposé" au terme de discussions "directes" et "franches", a été adopté après plus de quinze heures de réunion du 17e comité des signataires de l'accord de Nouméa, dont une phase finale de plus de sept heures à Matignon.
En choisissant les deux termes de "pleine souveraineté" et d'"indépendance", le chef du gouvernement a en effet tenté de concilier les positions, avant la visite d'Emmanuel Macron dans l'archipel français du Pacifique, attendue début mai.
"Les membres du comité des signataires considèrent que cette formulation, qui est un compromis, est conforme aux principes de clarté, de loyauté et de sincérité", est-il écrit dans le relevé des conclusions du comité des signataires de l'accord de Nouméa, qui se réunissait pour la 17e fois depuis la négociation de cet accord de décolonisation en 1998.
"On aurait été lamentables, indépendantistes comme anti-indépendantistes d'arriver à ce référendum avec un désaccord sur la manière dont la question devait être libellée", a souligné le député UDI Philippe Gomès, président de Calédonie Ensemble, principal parti loyaliste. "Finalement tout le monde a pu s'y retrouver, tant mieux pour notre pays", s'est-il réjoui.
Si la date du 4 novembre a été fixée par les élus du Congrès calédonien la semaine dernière, les différentes chapelles loyalistes se sont écharpées ces dernières semaines sur l'exposé des motifs de la délibération, qui replaçait le référendum dans l'histoire coloniale de la Nouvelle-Calédonie.
Un désaccord qui a fait exploser en février un groupe de travail mis en place par Édouard Philippe pour "préparer l'après-référendum", baptisé "chemin de l'avenir" ou G10, avec le départ des Républicains calédoniens et du Rassemblement-LR.
Le comité a par ailleurs refusé que la question de la sécurité et de la délinquance "soit instrumentalisée" dans le cadre de la campagne électorale, qui devrait porter des "messages de paix". Plus qu'une indépendance jugée peu probable, c'est la perspective de frustrations et de désordres au sein de la communauté kanak, notamment parmi la jeunesse, qui suscite des inquiétudes, trente ans après les violents affrontements des années 1980 qui puisaient leurs racines dans les conflits entre indépendantistes et loyalistes.

Source : Agence France-Presse

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