Menu

Nouvelle-Calédonie : la province des Îles fait décoller Air Oceania


Jeudi 31 Octobre 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Airbus effectuera un vol de démonstration sur un avion A220, le 5 novembre prochain, à l’aéroport de La Tontouta. Crédit photo : Airbus
Airbus effectuera un vol de démonstration sur un avion A220, le 5 novembre prochain, à l’aéroport de La Tontouta. Crédit photo : Airbus
À la suite d’un vote, le 24 octobre dernier, des élus des Loyauté à Lifou, la Société de développement et d’investissement des Îles (Sodil), va mettre en place une filiale qui portera le projet de création de la compagnie aérienne régionale Air Oceania. L’entité à instaurer, une SAS, société par actions simplifiée, aura pour principales missions, “la réalisation d’études technico-économiques justifiant l’intérêt économique de la création d’une compagnie aérienne régionale pour la collectivité”, mais aussi “l’élaboration d’un modèle d’affaires pour la future société opérante” et “la recherche de partenariats financiers pour entrer au capital de ladite société”. L’ambition affichée par le président Jacques Lalié est que, d’ici juin 2021, la province des Îles puisse être présente au sein du capital de la compagnie aérienne régionale Air Oceania “sans pour autant y être majoritaire”.
Une première pièce du puzzle Air Oceania, compagnie low cost régionale, est en passe d’être posée, avec Air Loyauté, entité détenue à 100 % par la Sodil, qui elle continuerait de se concentrer sur le local. Le plan étendu sur dix-huit mois intègre en fait sept étapes, dont le business plan ou le préaccord avec le constructeur aéronautique. Objectif : la livraison d’un Airbus A220-100 et d’un A220-300, aux capacités respectives de 116 et 143 places, et plus tard, d’un nouvel A220-300. Plusieurs formules d’acquisition existent : l’achat simple, le leasing c’est-à-dire la location avec option d’achat… Des destinations sont privilégiées, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Vanuatu, Fidji, la Polynésie, ou encore Wallis-et-Futuna.
Et qui dit avions, dit aéroport. Jacques Lalié est formel : mis à part quelques aménagements (banque, poste), la future aérogare de Lifou-Wanaham est agencée pour devenir un aéroport international de relais. Le chantier est d’ailleurs lancé, le montant de l’opération s’élève à 1,2 milliard de francs pour les travaux et 1,8 milliard pour l’équipement. Sauf qu’il faut rallonger la piste de 800 mètres. La province compte là sur le soutien de la Nouvelle-Calédonie.

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Bienvenue en Macronésie !

Bienvenue en Macronésie !
Après une pause politique d’une année, 2020 ne manquera pas de piquant, avec les élections municipales en mars et, sur un autre plan, la venue du président de la République Emmanuel Macron, en avril.
La bataille des tāvana est engagée, elle s’annonce âpre, tant le gain des communes est un marchepied incontournable pour atteindre la Présidence. Ces élections se résumeront, comme toutes les précédentes, à une confrontation bipolaire. Certains partis et candidats ont déjà tenté l’aventure en proposant une troisième voie, mais elle n’a jamais trouvé ses électeurs. Gaston Flosse et ses Orange l’ont bien compris et savent qu’en face du Tapura et du Tavini, les chances de prendre et même de conserver les mairies sont vouées à l’échec. Le Vieux Lion a dû se résoudre à proposer une alliance au Tavini, qui ne l’accepte qu’au cas par cas, malgré les annonces d’un Gaston Flosse transformé, ces dernières semaines, en VRP. Voilà qui ressemble fortement à un dernier baroud d’honneur.
Fort de sa croissance économique et politique – les deux allant souvent de pair – le Tapura d’Édouard Fritch paraît inébranlable et peut se concentrer sur la venue présidentielle. Cette dernière, dans le contexte de crise actuelle, ne devrait pas ressembler à celle de François Mitterrand (en 1990), qu’a récemment décriée René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique : "Il avait fait un voyage en Polynésie avec 420 personnes,
deux Concorde et un autre avion... On avait refait la piste de Tahiti pour que le Concorde puisse atterrir."
"Bienvenue en Macronésie" pourrait être le message d'accueil adressé au président de la République, tant le gouvernement Fritch lui fait allégeance, au détriment de ses propres parlementaires.
À chaque visite présidentielle, son lot d’annonces et de demandes plus ou moins convenues. Le président Macron devrait revenir sur ses propos d’octobre dernier, tenus à la Réunion : "Les territoires d’Outre-mer français peuvent devenir de véritables hubs numériques. Hub numérique, c’est le souhait de la Polynésie française, que nous soutenons et encourageons." Il sera question de développement économique, de soutien de l’État, du "Centre de mémoire" sur le nucléaire et peut-être même d’une proposition d’inscription à l’ONU pour le ’ori tahiti… La nomination à confirmer du site de Teahupoo pour les compétitions de surf de Paris 2024 ne manquera pas d’être évoquée, alors même qu’elle a été accueillie avec une tiède acrimonie par des internautes métropolitains.
Le président Macron aime répéter à l’envi son "J’entends", les Polynésiens espèrent être entendus et, surtout, compris. Quand certains attendent des excuses pour les expérimentations nucléaires, de meilleures indemnisations, d’autres souhaitent des réponses à des questions tout aussi sensibles, dont nous dressons une liste non exhaustive, soufflées par l’historien Jean-Marc Regnault :
- Diriez-vous, M. le Président, que la France a une part d’Océanie en elle, comme vous aviez dit que la France a une part d’Afrique en elle ? (À cause du mythe des îles heureuses, à cause des guerres mondiales, à cause des essais qui ont permis à la France de devenir une puissance mondiale...)
- Quel est votre degré de reconnaissance du fait nucléaire ? Et, bien sûr, quel devrait être le degré de reconnaissance de la Nation ?
- Vous avez considéré que la colonisation était une faute. Pensez-vous que la France a suffisamment décolonisé la Polynésie ?
- Le président Fritch a dit, récemment, qu’il n’aimerait pas avoir à choisir bientôt entre l’Indo-Pacifique et les Routes de la soie. Ne croyez-vous pas que la géostratégie que vous proposez risque de remettre en cause l’autonomie qui, depuis quelques années, accordait de plus en plus de compétences en matière de relations extérieures ?
- À votre sens, la Polynésie française est-elle suffisamment intégrée dans son environnement océanien ? L’État ne devrait-il pas demander à ses collectivités d’Océanie d’accorder beaucoup plus d’importance à l’enseignement de l’histoire et de la géographie locales et régionales ? Et de récompenser cet enseignement par des diplômes qui intégreraient ces notions ? En la matière, actuellement, l’Inspection générale fait preuve d’un jacobinisme rétrograde...

Selon les réponses à ces questions, la visite permettra – ou pas – de refermer certaines blessures bien vivaces, même après
vingt-quatre ans d’abstinence nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
La rédaction

Tahiti Pacifique