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Nouvelle-Calédonie : les budgets primitifs 2018 enfin dans les tuyaux


Vendredi 12 Janvier 2018 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Le gouvernement a arrêté jeudi dernier ses projets de budgets primitifs 2018. Ils seront débattus au Congrès le 23 janvier. Avec un total de 255,2 milliards, la rigueur est toujours de mise.
Les choses sont allées très vite. Le gouvernement Germain bis s’est officiellement mis en route le 1er décembre 2017, et en moins de cinq semaines les projets de budgets primitifs sont arrêtés. Il faut dire qu’en amont, les différentes directions administratives et les établissements publics concernés avaient défriché le terrain pour accélérer les arbitrages.
Et seul le mois de janvier fonctionnera sous le régime des douzièmes provisoires reconduits à l’identique des mois de l’année précédente.
Les choses vont vite, mais dans un contexte toujours morose depuis la fin des grands chantiers et la baisse des cours du nickel. L’exécutif estime la baisse des recettes fiscales à 10 milliards sur les exercices 2017 et 2018, et 6 milliards de recettes sur le seul budget
propre de la Nouvelle-Calédonie. "Maintenant, nous sommes arrivés à l’os", illustre Nicolas Metzdorf, membre de l’exécutif en charge du budget.

Établissements publics

En gros, il n’y a plus rien à rogner. Pour maintenir à niveau, enfin pas tout à fait, les dépenses d’investissements (9,6 milliards en 2017, 9,3 milliards) en 2018, le taux d’emprunt va monter de 93 à 94 %, et certains établissements publics, dont les budgets sont excédentaires, seront mis à contribution.
Depuis quelques années, les finances de la Nouvelle-Calédonie sont ventilées sur trois budgets. D’abord le budget propre de la collectivité, qui se montera cette année à 65,06 milliards. En trois ans, les dépenses de fonctionnement ont baissé d’un peu plus de 3 milliards. En hausse d’un demi-milliard par rapport à 2017. Autre poste très contraint, les dépenses de salaire. La règle du zéro création de poste est toujours d’actualité,
à l’exception de l’Autorité de la concurrence.

Baisse pour les provinces

Le budget le plus copieux, c’est celui dit, de répartition, qui est constitué d’impôts, de taxes et alimentant les budgets des provinces et des communes. Il sera en 2018 de 120,4 milliards, en baisse de 2 milliards par rapport à 2017.
Vient enfin le budget annexe de reversement qui alimente les établissements publics à partir de taxes affectées et de cotisation.
Ce budget sera en 2018 de 69,75 milliards de francs (il n’était que de 65,8 milliards en 2017.) La hausse est significative, mais c’est sur ce volet financier que pourrait porter en 2018 un effort d’équilibre en faveur du budget propre.
À noter qu’entre 2015 et 2018, les dépenses de participation et de subvention aux associations sont passées de 18 milliards Fcfp à 12,5 milliards.
Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier