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Nouvelle-Calédonie : liste du référendum, le haussariat dément et corrige


Vendredi 5 Octobre 2018 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Des chiffres relatifs à la composition de la liste spéciale pour la consultation ont circulé ces dernières semaines. Le haut-commissariat a souhaité rétablir "quelques vérités".
Le nombre d’électeurs inscrits sur la liste spéciale pour le référendum est bien de 174 154. Et "l’État a pris l’engagement que toutes les personnes qui, d’ici le 4 novembre 2018, estimeraient remplir les conditions pour être inscrits sur la LESC (la liste électorale spéciale pour la consultation, ndlr) pourront voir leur situation examinée, afin de n’oublier personne", écrivent les services du haussariat. Dans cette liste, 80 120 électeurs sont de statut civil coutumier. "Ce nombre inclut les personnes qui, aujourd’hui, ont le statut civil coutumier et celles qui ont eu le statut civil coutumier dans le passé, mais qui ont opté depuis pour le statut civil de droit commun. Cela représente 46% du corps électoral pour la consultation du 4 novembre 2018". Soustraction faite, parmi les 174 154 électeurs appelés aux urnes dans cinq semaines, 94 034 sont de droit commun.
Est-ce le nombre de Kanaks en âge de voter ? Non. Ce chiffre "est erroné", l’auteur de l’analyse l’a reconnu. Car "il a comptabilisé dans son calcul les personnes âgées de 10 à 17 ans, qui ne sont pas en âge de voter", explique le haut-commissariat.
D’après les explications de l’État,
11 222 électeurs ont été inscrits d’office lors de la révision complémentaire. Dans ce groupe, 5 246 ont le statut coutumier, "ce qui représente 47% des inscrits d’office".
Est-ce le nombre de personnes de statut coutumier majeures qui ne seraient pas inscrites sur la LESC ? Encore une fois, non. "Ce nombre est erroné." L’État le note, les données statistiques extraites du fichier de l’état civil coutumier tenu par la DGRAC (Direction de la gestion et de la réglementation des affaires coutumières) font apparaître 106 858 personnes majeures non décédées. D’où un écart de 26 738 avec les 80 120 personnes de statut civil coutumier inscrites sur la liste pour le référendum. Mais, sur ces 106 858, "on compte 12 335 personnes de plus de 90 ans" et même "9 901 centenaires (9,26% du total)". Ce qui est invraisemblable à la lecture du recensement de la population de 2014 et du pourcentage démesuré de centenaires. Pour le haussariat, "il y a donc manifestement un nombre important de décès, concernant toutes les tranches d’âge, qui n’ont pas été répertoriés".
Le fichier des majeurs vivants de statut civil coutumier transmis en février 2018 par les services de la Nouvelle-Calédonie ne comportait que 89 825 personnes, et comprenait d’ailleurs encore des hommes ou des femmes décédés.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes


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Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier