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Nouvelle-Calédonie : mémoire et symboles pour estampiller la visite de Macron


Vendredi 4 Mai 2018 - écrit par Agence France-Presse




Le voyage d'Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie, à six mois du référendum sur l'indépendance, coïncide avec l'anniversaire d'événements majeurs de l'histoire contemporaine de l'île et pourrait permettre de délier symboliquement le contentieux entre la France et le peuple kanak.
Mémoire et symboles : tels semblent être les marqueurs du déplacement du président de la République sur ce territoire dont la France espère réussir la décolonisation pacifique, grâce à un accompagnement en marche depuis
30 ans.
Lors de son séjour débuté mercredi, il évoquera les jalons de l'original processus qui, après une quasi-guerre civile entre loyalistes et indépendantistes dans les années 1980 (plus de 70 morts), a permis un retour à la paix, dont les observateurs craignent une fragilisation à l'occasion du référendum.
En dépit de l'opposition des habitants de Gossanah, M. Macron se rendra à Ouvéa où se joua entre le 22 avril et le 5 mai 1988, l'épisode le plus sanglant des violences (au total six militaires et 19 Kanaks tués).
Malgré ce drame, la concorde n'a pas vacillé et a même franchi une seconde étape le 5 mai 1998 avec la signature de l'accord de Nouméa entre l'Etat, le chef du gouvernement (Lionel Jospin), la droite loyaliste et les indépendantistes du FLNKS.
C'est dans l'emblématique préambule de l'accord de Nouméa que l'on trouve la source de l'acte symbolique, censé rompre le lien univoque entre la France et la Nouvelle-Calédonie, qu'effectuera M. Macron lors de son séjour.
Au Centre culturel Tjibaou, dernier des grands travaux de François Mitterrand inauguré le 4 mai 1998, il remettra en effet au gouvernement calédonien l'acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre 1853, signé par le contre-amiral Fébvrier-Despointes au nom de Napoléon III.
Le porte-parole du FLNKS a récemment réclamé que "l'État marque symboliquement et concrètement son désengagement de ce passé colonial encombrant", tandis que le Sénat coutumier kanak a souhaité "un nouveau départ".
Aujourd’hui, M. Macron prononcera par ailleurs un grand discours sur le passé et l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, à Nouméa dans le quartier de Nouville, haut lieu du bagne jusqu'en 1913.

Source : Agence France-Presse

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Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier