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Nouvelle-Calédonie : pollution aux hydrocarbures, entre rumeur et réalité


Vendredi 1 Décembre 2017 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Le sujet préoccupe forcément et, tandis qu’à Lifou on œuvre depuis la semaine dernière pour tenter de venir à bout de cette invasion de boulettes d’hydrocarbures sur les plages exposées à l’alizé, à l’est de l’île, d’autres secteurs semblent touchés.
Il ne s’agit ici que de quelques plaques d’hydrocarbures. Suffisamment pour enflammer les réseaux sociaux avec la publication très remarquée de l’association Ensemble pour la planète (EPLP), diffusant des images d’une "prétendue" pollution en cours autour du Kea Trader, ce porte-conteneurs échoué sur un récif, à 80 km au sud-est de Maré. Pour le haut-commissariat, il s’agit "d’informations trompeuses". Pour le haussariat, qui plaide une transparence totale de sa part dans le dossier, "l’État n’a aucun intérêt à cacher quoi que ce soit dans ce dossier et a communiqué activement : plus de 25 communiqués, soit un minimum de un par semaine, ont été diffusés à ce jour."
Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier