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Nuisances sonores : un dialogue de sourds…


Vendredi 7 Septembre 2018 - écrit par Dominique Schmitt


L'enfer du bruit… Il faut le vivre pour en mesurer réellement les souffrances. En Polynésie, sur les 26 000 plaintes annuelles déposées, 18 000 seraient
associées aux nuisances sonores, selon l'association Te Ora Hau, qui tire la sonnette d'alarme et appelle à l'aide les autorités du Pays. Si très peu de chiffres sont officiellement disponibles au fenua, le coût sanitaire en Métropole s'élève à 57 milliards d'euros (6 840 milliards de Fcfp !), soit 2,6% du Produit intérieur brut…



Le combat de l'association Te Ora Hau vise notamment à "présenter au vote de l'assemblée de la Polynésie une loi du Pays (…) visant à interdire l'utilisation du matériel boum-boum dans tous les véhicules". Crédit photo : DR
Le combat de l'association Te Ora Hau vise notamment à "présenter au vote de l'assemblée de la Polynésie une loi du Pays (…) visant à interdire l'utilisation du matériel boum-boum dans tous les véhicules". Crédit photo : DR
L'association Te Ora Hau monte le ton.
"On ne nous entend pas !", s'exaspère Roland Garrigou, le président de Te Ora Hau, l'association de lutte contre les nuisances sonores. Et de s'insurger : "La situation est trop grave pour que l’on garde les bras croisés, le nombre de victimes s’allonge. Cela commence à engendrer qui plus est des problèmes de santé, notamment chez les enfants." Face à l'immobilisme du Pays, l'association à caractère apolitique a décidé de taper du poing sur la table et de monter au créneau, en rédigeant un manifeste (voir page de droite), rendu médiatique début avril, dans lequel il est demandé aux candidats aux élections territoriales de 2018 de s’engager officiellement dans le combat et de lutter, avec elle, contre les nuisances sonores. Parmi les sept points proposés par le collectif, le document appelle notamment les têtes de liste à : "s'engager à en faire une grande cause prioritaire du fenua", "faire respecter et pleinement appliquer tous les textes de loi et règlements déjà existants", "présenter au vote de l'assemblée de la Polynésie une loi de Pays (…) visant à interdire l'utilisation du matériel boum-boum dans tous les véhicules"… Il n'y a eu de retour d'aucun parti politique, que ce soit avant les échéances électorales ou après.

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La Calédonie à qui perd gagne ?

Des vainqueurs qui restent sur leur faim, des vaincus plein d’espoir, le résultat du référendum d’autodétermination calédonien du dimanche 4 novembre n’a pas manqué d’afficher des sentiments opposés et même paradoxaux.
La victoire annoncée avant l’heure du "non" à la pleine souveraineté s’est avérée exacte, mais dans des proportions bien moindres que celles que laissaient escompter les sondages ou les dernières élections provinciales. Le deux-tiers/un-tiers s’est transformé en un 56,4/43,6 qui a surpris les observateurs, les électeurs et les responsables des partis politiques locaux.
La Nouvelle-Calédonie a donc affirmé son attachement à la France, mais pas d’une façon massive ; et la carte des régions pro et anti-métropole n’a que très peu bougé depuis la date des premiers accords en 1988. Un autre scrutin devenu incontestable en 2020 en raison du "faible" écart entre les opposants, puis peut-être encore un autre en 2022, vont plonger ce territoire dans un attentisme économique dont il aurait bien aimé se passer. Deux ou quatre ans, c’est peu pour faire basculer une majorité, mais suffisant pour faire tourner une économie au ralenti.
Ces résultats n’ont pas manqué de faire réagir le Tavini Huiraatira qui n’a pu s’empêcher de faire un parallèle avec la Polynésie française. Après des démêlés avec la justice "coloniale" et un tour de l’île en mémoire du leader autonomiste Pouvana'a a Oopa enfin réhabilité par cette même justice, Oscar Temaru demande à ce qu’un tel référendum soit organisé. Le leader bleu l’a souvent martelé, tout comme Moetai Brotherson : un vote pour l’indépendance n’a rien de comparable avec un vote pour les territoriales ; il ne faut pas se fier aux résultats de l’un pour estimer l’autre. Le résultat calédonien lui a donné raison. Voilà qui ne manquera pas de lui donner encore plus d’ardeur sur les bancs de la 4e commission de l’ONU.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier