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Oscar Temaru : “Flosse parle d’indépendance, Fritch parle d’indépendance… Je suis votre candidat !”


Vendredi 18 Septembre 2020 - écrit par Dominique SCHMITT


En se présentant aux sénatoriales, le leader du parti indépendantiste crée la surprise… et coupe l’herbe sous le pied du Vieux Lion, qui lui proposait une alliance politique pour créer un "État souverain associé à la France". Mais la nouvelle marotte de Gaston Flosse n’a pas convaincu son "meilleur ennemi", Oscar Temaru, dont le rêve est d’enclencher en Polynésie le processus de décolonisation et la naissance d’un "État fédéré de Maohi Nui", pleinement souverain. Stratégie sur l’échiquier politique, idéologie d’autodétermination, référendum en Nouvelle-Calédonie, affaire Radio Tefana, nucléaire, gestion
de la crise par le Pays… sans oublier son programme de campagne, l’ancien président du fenua et actuel maire de Faa’a, qui aspire à gagner les prochaines échéances électorales le 27 septembre, détaille ses ambitions pour Tahiti Pacifique. Entretien sans langue de bois avec celui qui se dit "victime de la raison d’État", à l’image de son guide Pouvana’a a Oopa, sur les pas duquel il marche.



Crédit photo : Dominique Schmitt
Crédit photo : Dominique Schmitt
Vous en avez surpris plus d’un en vous présentant finalement aux sénatoriales en 2020, alors que vous aviez annoncé le contraire en juillet dernier. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Oscar Temaru : "Fin juillet, nous avons ouvert le site de Outuaraea, à Faa’a, avec la venue en grande pompe du gouvernement, des élus de la majorité, etc. Édouard (Fritch) a fait son discours, en tahitien bien sûr, et, pour la première fois, il a dit qu’il veut aussi l’indépendance de notre pays. Waouh ! Une semaine après, les tāvana se réunissent à Maitaiea, pour la réunion du SPC (Syndicat pour la promotion des communes, ndlr), et m’invitent à déjeuner un mā’a tahiti avec eux. J’explique alors à Tearii Alpha et Édouard Fritch que nous démarrons aujourd’hui notre jeûne mensuel, avant la pleine lune, pendant la pleine lune et le lendemain de la pleine lune. C’est une tradition qui se perd dans le temps que nous avons remise en place et qui fait beaucoup de bien à la santé ! Le jeûne thérapeutique, voyez-vous ? Mais ils me disent : « Ah… ça ne fait rien, venez, venez, vous allez nous parler de ça ! Et là encore, il a reparlé d’indépendance. » C’est pour ça que j’ai décidé de me présenter aux sénatoriales. Flosse parle d’indépendance, Fritch parle d’indépendance… Je suis votre candidat ! Nous allons monter un mouvement national, et qu’est-ce que l’État va faire ? Il ne pourra rien faire. Et on sera un pays libre ! Là, on pourra parler de liberté, d’égalité et de fraternité. Ce qui n’est pas le cas dans une situation coloniale. Comme on dit, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’avis."

Michel Villar : "C’est une candidature d’ouverture et d’union, ce sont ces deux termes qui donnent du sens à cette candidature, avec une équipe qui est considérée comme gagnante : Éliane Tevahitua, Teumere Atger et moi-même. Ce n’est pas une candidature carriériste, contrairement à beaucoup d’autres."

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Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT