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Papouasie : épidémie mortelle après des décennies de négligence


Samedi 10 Février 2018 - écrit par Agence France-Presse




L'épidémie mortelle de rougeole et la malnutrition, qui ont provoqué la mort de dizaines d'enfants en Papouasie, dans l'est de l'Indonésie, risque de se répéter si les autorités n'agissent pas rapidement pour sortir cette province de la pauvreté et de l'isolement, selon des experts. Environ 800 enfants sont tombés malades et une centaine seraient morts, pour l'essentiel des bébés, à la suite de cette épidémie rendue publique pour la première fois au début du mois. Face à la gravité de la situation, le président indonésien, Joko Widodo, a ordonné à des équipes militaires et médicales d'approvisionner en biens de première nécessité et en médicaments des villages isolés de la région, accessibles pour la plupart seulement par bateau ou par les airs. La crise sanitaire qui frappe cette province riche en ressources naturelles s'explique par des décennies de négligence de la part des autorités peu soucieuses du développement des infrastructures, de la lutte contre la corruption et la pauvreté pour sortir la région de l'isolement, relèvent des analystes. De nombreux villages pauvres dans le district d'Asmat sont très éloignés de tout, à l'image d'Ayam, petite commune où une vingtaine d'enfants ont été touchés par l'épidémie de rougeole. Dix heures de bateau séparent le village de Timika, la grande ville la plus proche, où des parents ont dû se rendre pour amener leurs enfants à l'hôpital. "Pour empêcher (les crises) de se répéter à l'avenir, nous devons mettre fin à l'isolement", prévient Natalius Pigai, un ancien membre de la Commission nationale pour la défense des droits de l'homme. De nombreux papous vivent dans des conditions de semi-nomadisme, dans des endroits de la jungle difficiles à atteindre et quasiment sans soins médicaux ni écoles ou autres prestations de base, comme l'accès à l'eau potable. Et certains habitants refusent les vaccins qui permettent de prévenir les épidémies.

Source : Agence France-Presse

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La stabilité avant tout

Le 6 mai dernier, avec plus de 66 000 voix, le Tapura Hui- raatira du président Édouard Fritch raflait la mise des
sièges à pourvoir au sein de l’assemblée où les Rouges représentent désormais 66,66 % de l’hémicycle. Il n’en faudrait pas plus pour que tout superstitieux ne se rue dans le premier magasin de jeu à gratter pour tenter d’y gagner le pac- tole avec un numéro fétiche, le 6 par exemple.
Édouard Fritch ne doit pourtant pas à la chance d’avoir obtenu un succès attendu après les résultats du premier tour, fort de l’adhésion de près d’un vote exprimé sur deux par des Polynésiens qui n’ont pas cédé au chant des sirènes de l’abstentionnisme, même si ce dernier est encore en progression. Placé au pouvoir par Gaston Flosse en 2015, celui qui n’est plus considéré
depuis lors comme le gendre idéal par ce même Gaston Flosse a su fédérer autour de sa personne avant de fédérer autour d’un programme. Rien de bien révolutionnaire, des projets à taille humaine qui accompagnent le développement touristique, comme partout ailleurs dans le monde (+7 %) et économique, essentiellement basé à Hao, sans oublier quelques réformes structurelles notamment celle de la retraite, dans un premier temps, puis inévitablement de toute la Protection sociale généralisée. Une gestion de bon père de famille, pourrait-on dire, misant sur une stabilité politique retrouvée qui s’accompagne de l’indice de confiance. Pourra-t-elle résister à une instabilité portée par une partie de l’opposition politique ? Rien n’est moins sûr. Et la tâche du prochain gouvernement à venir pour- rait bien être, après l’élection du président de l’assemblée prévue hier et du président du Pays programmée pour aujourd’hui, d’éteindre des incendies comme ceux que le Tahoera’a a reconnu avoir allumés lors des dernières années (voir article de Jean-Marc Regnault en page 10).
Le ton risque d’être vite donné avec l’urgence des premières réformes qui avaient fait descendre les syndicats dans la rue. Un Tavini qui stagne et un Tahoera’a qui joue sa survie et tentera de continuer d’exister jusqu’aux muni- cipales de 2020 auront du mal à faire entendre leurs voix dans l’hémicycle face aux 38 sièges rouges à l’assemblée sur 57 possibles. Il reste à espérer que les débats s’y cantonnent.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier