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Parti(e) de traîtres



Comment ne pas revenir sur le feuilleton tragi-comique de d’exclusion d’Angelo Frebault du Tahoera’a Huiraatira ? Comment ne pas esquisser un sourire quand le parti orange s’offusque d’une "trahison" de la part de son tout nouveau conseiller à l’assemblée ? L’indétrônable président Gaston Flosse ne s’est pas attardé, lors de sa conférence de presse, pour justifier cette exclusion, sur les conditions dans lesquelles Angelo Frebault avait rejoint son parti. Le leader syndicaliste qui avait mené dans la rue, au nom de l’intersyndicale, quelques milliers d’opposants à la réforme des retraites, ne s’est jamais caché d’avoir obtenu son siège à Tarahoi pour son action. Le Vieux Lion comptait sur cette gronde, finalement mal jaugée, pour faire basculer les élections territoriales en sa faveur. Le résultat des urnes a
prouvé qu’il s’agissait d’un mauvais calcul, doublé de la présence d’un élé- ment peu rompu à la discipline imposée du parti, voire d’un homme.
De trahison, il en a d’abord été ques- tion dans les rangs syndicaux, quand Angelo Frebault a fait savoir, après la grève générale et les manifestations, qu’il rejoignait la liste orange pour les élections. Ces rassemblements n’auraient donc servi qu’aux desseins politiques d’Angelo Frebault ? Si ce dernier s’en défend, force est de consta- ter que les derniers appels à la grève générale n’ont été que peu suivis. Les travailleurs n’ont plus confiance dans la parole de leurs dirigeants syndicaux, tandis qu’une grande partie de la popu- lation a souhaité reconduire la politique gouvernementale.
Mais la trahison, le Tahoera’a com- mence à s’y habituer. Il en est question
quand Gaston Flosse parle d’Édouard Fritch ou encore de tous ceux, comme J.-C. Bouissou, T. Rohfritsch..., qui sont passés ou ont été formés à l’école orange. Il en est aussi question pour le Tahoera’a quand des conseillers du parti préfèrent quitter le navire pour se placer sous l’égide de la majorité. Traître par idéologie, traître par intérêt, traître par devoir... les motifs sont aussi nombreux que la nature humaine est complexe. De traîtrise à opportunisme, la frontière est tenue, et nos hommes politiques sont plus souvent gratifiés du second adjectif... il est rentré dans les mœurs.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Vendredi 5 Octobre 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Vendredi 8 Février 2019 - 08:30 Du lard ou du cochon ?


Luc Ollivier

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Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier