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Parti(e) de traîtres



Comment ne pas revenir sur le feuilleton tragi-comique de d’exclusion d’Angelo Frebault du Tahoera’a Huiraatira ? Comment ne pas esquisser un sourire quand le parti orange s’offusque d’une "trahison" de la part de son tout nouveau conseiller à l’assemblée ? L’indétrônable président Gaston Flosse ne s’est pas attardé, lors de sa conférence de presse, pour justifier cette exclusion, sur les conditions dans lesquelles Angelo Frebault avait rejoint son parti. Le leader syndicaliste qui avait mené dans la rue, au nom de l’intersyndicale, quelques milliers d’opposants à la réforme des retraites, ne s’est jamais caché d’avoir obtenu son siège à Tarahoi pour son action. Le Vieux Lion comptait sur cette gronde, finalement mal jaugée, pour faire basculer les élections territoriales en sa faveur. Le résultat des urnes a
prouvé qu’il s’agissait d’un mauvais calcul, doublé de la présence d’un élé- ment peu rompu à la discipline imposée du parti, voire d’un homme.
De trahison, il en a d’abord été ques- tion dans les rangs syndicaux, quand Angelo Frebault a fait savoir, après la grève générale et les manifestations, qu’il rejoignait la liste orange pour les élections. Ces rassemblements n’auraient donc servi qu’aux desseins politiques d’Angelo Frebault ? Si ce dernier s’en défend, force est de consta- ter que les derniers appels à la grève générale n’ont été que peu suivis. Les travailleurs n’ont plus confiance dans la parole de leurs dirigeants syndicaux, tandis qu’une grande partie de la popu- lation a souhaité reconduire la politique gouvernementale.
Mais la trahison, le Tahoera’a com- mence à s’y habituer. Il en est question
quand Gaston Flosse parle d’Édouard Fritch ou encore de tous ceux, comme J.-C. Bouissou, T. Rohfritsch..., qui sont passés ou ont été formés à l’école orange. Il en est aussi question pour le Tahoera’a quand des conseillers du parti préfèrent quitter le navire pour se placer sous l’égide de la majorité. Traître par idéologie, traître par intérêt, traître par devoir... les motifs sont aussi nombreux que la nature humaine est complexe. De traîtrise à opportunisme, la frontière est tenue, et nos hommes politiques sont plus souvent gratifiés du second adjectif... il est rentré dans les mœurs.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Vendredi 5 Octobre 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Vendredi 14 Décembre 2018 - 08:34 Opposition constructive

Jeudi 29 Novembre 2018 - 20:28 Sortie de route


Luc Ollivier

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Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier