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Parti(e) de traîtres



Comment ne pas revenir sur le feuilleton tragi-comique de d’exclusion d’Angelo Frebault du Tahoera’a Huiraatira ? Comment ne pas esquisser un sourire quand le parti orange s’offusque d’une "trahison" de la part de son tout nouveau conseiller à l’assemblée ? L’indétrônable président Gaston Flosse ne s’est pas attardé, lors de sa conférence de presse, pour justifier cette exclusion, sur les conditions dans lesquelles Angelo Frebault avait rejoint son parti. Le leader syndicaliste qui avait mené dans la rue, au nom de l’intersyndicale, quelques milliers d’opposants à la réforme des retraites, ne s’est jamais caché d’avoir obtenu son siège à Tarahoi pour son action. Le Vieux Lion comptait sur cette gronde, finalement mal jaugée, pour faire basculer les élections territoriales en sa faveur. Le résultat des urnes a
prouvé qu’il s’agissait d’un mauvais calcul, doublé de la présence d’un élé- ment peu rompu à la discipline imposée du parti, voire d’un homme.
De trahison, il en a d’abord été ques- tion dans les rangs syndicaux, quand Angelo Frebault a fait savoir, après la grève générale et les manifestations, qu’il rejoignait la liste orange pour les élections. Ces rassemblements n’auraient donc servi qu’aux desseins politiques d’Angelo Frebault ? Si ce dernier s’en défend, force est de consta- ter que les derniers appels à la grève générale n’ont été que peu suivis. Les travailleurs n’ont plus confiance dans la parole de leurs dirigeants syndicaux, tandis qu’une grande partie de la popu- lation a souhaité reconduire la politique gouvernementale.
Mais la trahison, le Tahoera’a com- mence à s’y habituer. Il en est question
quand Gaston Flosse parle d’Édouard Fritch ou encore de tous ceux, comme J.-C. Bouissou, T. Rohfritsch..., qui sont passés ou ont été formés à l’école orange. Il en est aussi question pour le Tahoera’a quand des conseillers du parti préfèrent quitter le navire pour se placer sous l’égide de la majorité. Traître par idéologie, traître par intérêt, traître par devoir... les motifs sont aussi nombreux que la nature humaine est complexe. De traîtrise à opportunisme, la frontière est tenue, et nos hommes politiques sont plus souvent gratifiés du second adjectif... il est rentré dans les mœurs.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Vendredi 5 Octobre 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Luc Ollivier

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier