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Paul Gauguin, toujours au plus profond des cœurs polynésiens


Vendredi 1 Juin 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Pour commémorer le 170e anniversaire de la naissance de Paul Gauguin, une série de festivités vont rendre hommage au peintre et à l'écrivain durant le mois de juin. Une exposition collective réunira tout d'abord une douzaine de talents du fenua à la galerie Winkler, une soirée cinéma se tiendra ensuite au Musée de Tahiti et des îles, puis un colloque ouvrira des échanges à l'Université de la Polynésie française. La même question sera soulevée en toile de fond :
quel héritage Gauguin a-t-il laissé ?



"L'autoportrait au Christ jaune", Paul Gauguin, 1889
"L'autoportrait au Christ jaune", Paul Gauguin, 1889
Le mois de juin sera consacré à l'immense Paul Gauguin, chef de file de l'École de Pont-Aven, peintre français majeur du XIXe siècle, mais aussi écrivain engagé. Né le 7 juin 1848 à Paris, Eugène Henri Paul Gauguin est décédé le 8 mai 1903 à Atuona, sur l'île d'Hiva Oa, aux Marquises, ce qui fait de lui une personnalité phare pour mieux comprendre les liens existant entre les mondes occidental et polynésien, qu'il a côtoyés successivement. Alors que l'artiste aurait eu 170 ans, un hommage appuyé va lui être rendu. Une exposition collective sera organisée en premier lieu à la galerie Winkler, du 14 au 26 juin...

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"Toute la vérité, rien que la vérité"

Ce début de mois de juin a été marqué par la vive polémique qui a grandi autour de l'émission télévisée réalisée par Enquête exclusive et consacrée au fenua. L'équipe de M6 avait déjà opéré des focus peu flatteurs sur nos îles avec les documentaires Tahiti, l'envers du décor en 2009, puis Tahiti, la face cachée du paradis en 2017 ; cette fois, le sujet au titre racoleur, intitulé "Polynésie française : le territoire de tous les extrêmes", a fait sortir de ses gongs le Landerneau polynésien, avant même la diffusion du reportage. En cause, un synopsis mercantile et nauséabond qui cherchait à faire le buzz à tout prix :
"(…) Sur l'île de Tahiti, deux mondes à part se côtoient sans jamais se mélanger : d'un côté les Blancs, surnommés les « Popa'a », qui tiennent l'économie, de l'autre les Polynésiens, qui vivent dans les bidonvilles. La plupart de ces habitants, originaires d'archipels éloignés, ont renoncé à un mode de vie traditionnel dans l'espoir de trouver un travail en ville. Chômage, pauvreté et violence animent aussi ce paradis. (…)"
Si 55 % de la population vit en effet sous le seuil de pauvreté français établi à 115 000 Fcfp, contre 16 % en Métropole (enquête ISPF sur les dépenses des ménages en 2015 dans les Îles du Vent), le magazine d'investigation stigmatise les rapports humains entre les ethnies composant la société polynésienne pourtant ultra cosmopolite. Quelle ironie au pays de la fraternité où quasiment tout le monde se salue, se tutoie et vit ensemble, sans aucun préjugé quant à la couleur de peau de l'autre ou le choix de sa confession religieuse ! De quoi plomber le tourisme, notre première manne économique, ou casser le rêve d'exil des habitants de l'Hexagone… Cela dit, gardons la tête froide, il n'y a pas eu de quoi fouetter un chat, car il s'avère que, malgré de nombreuses confusions, les différentes enquêtes des journalistes métropolitains sont plutôt bien menées et reflètent même une âpre réalité que nous aimerions voir disparaître à jamais. En fin de compte, Enquête exclusive a surfé sur le cas unique de Maiao, "l'île interdite" (où les étrangers ne sont pas forcément les bienvenus après que ses résidents furent les victimes, au début du siècle dernier, d'un Britannique à l'appétit commercial insatiable), et en a fait une généralité.
Un amalgame de très mauvais goût qui permet de rappeler s'il le fallait que nous sommes entrés dans l'ère des fake news, vous savez ces informations fausses ou truquées relayées sur les réseaux sociaux et par certains médias. "Le problème majeur de nos sociétés ne tient pas tant dans les fausses nouvelles, mais dans le fait que nombre de citoyens aient fini par choisir de les croire", écrivait récemment Le Monde à propos des deux propositions de loi contre la manipulation de l’information que doit examiner l’Assemblée nationale en juillet prochain. C'est pourquoi la presse doit s'évertuer, toujours et encore plus, à donner "toute la vérité, rien que la vérité". Une expression qui trouverait son origine dans l'Antiquité et qui est devenue le credo, au XIXe siècle, des écrivains réalistes à l'instar de Maupassant et Zola, lorsqu'ils firent le serment de ne pas enjoliver le réel dans leurs romans, mais de le retranscrire de façon brute.
Et puisque l'on parle de vérité, gageons que toute la lumière soit faite enfin sur l'affaire Pouvana'a a Oopa. C'est à cette fin que le procès du Metua va être révisé le 5 juillet prochain pour aboutir, peut-être, à la décision de la Cour de cassation de "décharger la mémoire du mort".

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Dominique Schmitt