Cependant le phénomène le plus visible et le plus
significatif reste pour nous celui des séparations, des délimitations,
des clôtures, en particulier du côté mer. Il ne s’agit pas de tomber
dans une sorte de nostalgie des « temps anciens », mais on peut encore
constater que les séparations entre les parcelles étaient intégrées,
décoratives et permettant à la fois la discrétion et la relation entre
les voisins. Ces clôtures traditionnelles végétales étaient légères,
symboliques, mais suffisantes pour délimiter les espaces ; de plus elle
permettaient que le lagon reste visible par tous.
Depuis une dizaine d’années, les clôtures « modernes
» se sont multipliées, doublant pratiquement en longueur. Le
modèle occidental s’appuyant sur la notion (latine) de propriété
privée, depuis longtemps implanté à Tahiti, s’est développé de manière
caricaturale à Moorea : nous pouvons citer l’exemple d’une parcelle en
bord de mer, entourée de murs en béton de plus de deux mètres de
haut….sans aucune construction à l’intérieur ! Il s’agit bien là
d’afficher sa propriété…..sans souci du paysage.