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Politique : budget "responsable" pour recettes fiscales en baisse


Vendredi 25 Août 2017 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Pour la dernière séance avant une "chute" annoncée, le gouvernement avait un menu très chargé. Le budget supplémentaire (BS) 2017, contraint du fait de prévisions de recettes en baisse, a été adopté.
Tous les élus le savent : la démission de Philippe Dunoyer, rendue obligatoire par son élection à l’Assemblée nationale, provoquera la chute de l’exécutif, mais pourrait aussi le plonger dans une paralysie au long cours. Le nouveau député, en charge des finances depuis le départ de Thierry Cornaille en mars 2016, devrait annoncer sa démission, ainsi que celle de plusieurs autres membres du gouvernement, au haut-commissariat.
Mais avant, Philippe Dunoyer avait "une tâche importante à terminer" : le projet de budget supplémentaire 2017 de la Nouvelle-Calédonie a été adopté.

Prévisions de recettes en baisse

Les services fiscaux, sollicités comme chaque année pour réaliser une estimation des recettes pour l’année, ont prévu une chute du rendement de plusieurs impôts : 1,7 milliard d’impôts sur le revenu en moins, 1,5 milliard de baisse pour l’impôt sur les sociétés. Ces "prévisions d’atterrissage" sur les sept premiers mois de l’année tablent, au total, sur 3,5 milliards de rentrées fiscales en moins en 2017, réparties entre le gouvernement – qui assume sa quote-part et celle des communes, protégées par la loi organique – et les provinces. "Nous avons choisi de ne pas laisser la mauvaise surprise à ceux qui prépareront le budget 2018, reprend Philippe Dunoyer. C’est une décision courageuse que d’avoir rédigé ce BS en intégrant ces prévisions de baisse".
Mais d’où viennent ces baisses de recettes ? "D’une utilisation beaucoup plus forte des leviers fiscaux de soutien à l’investissement et à l’économie", assure le porte-parole, qui note que "les revenus déclarés au titre de l’année 2016 sont quasiment stables par rapport à ceux de 2015".
Les services fiscaux notent tout de même une baisse de 1 % sur les 285 milliards de francs déclarés l’année passée. Les réductions et déductions d’impôts ont, elles, "bondi", continue Philippe Dunoyer, qui pointe notamment les réductions d’impôt pour le logement intermédiaire et celles accordées aux banques pour le développement des prêts à taux zéro. "Ce n’est pas une mauvaise nouvelle que ces dispositifs soient mieux utilisés, mais le fait est que ça fait des recettes en moins", commente le membre du gouvernement sur le départ. La réforme de l’impôt sur le revenu n’aurait-elle pas joué ? "D’après les analyses des services fiscaux, assez peu", répond-il.
Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier