Menu

Polynésie, "hub" sur les nouvelles routes de la drogue ? (Première partie)


Vendredi 11 Août 2017 - écrit par Boris Alexandre Spasov


"Paradoxalement c’est au nombre de ses interdits et non pas de ses permissions que l’on reconnaît une société pervertie. Ainsi une société qui interdit la prostitution avoue son penchant pour la prostitution. Une société qui interdit la drogue avoue son penchant pour la drogue. Une société qui interdit le meurtre avoue son penchant pour le sang"
Sugar Baby, Philippe Bartherotte



La route de la cocaïne passe par la Polynésie française, située dans une vaste zone de production locale de cannabis. Fond de carte : Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, direction des Archives (pôle géographique)/Novembre 2014
La route de la cocaïne passe par la Polynésie française, située dans une vaste zone de production locale de cannabis. Fond de carte : Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, direction des Archives (pôle géographique)/Novembre 2014
Quand aujourd'hui on parle de drogue, un champ immense s'ouvre à nous, entre incertitudes et stratégies, dans un contexte mondial violent. Nous avons créé notre civilisation sur le modèle du libéralisme, c'est-à-dire la liberté de produire, de vendre, de commercer et d'échanger. C'est notre ciment, le principe est admis par la plupart des pays du monde. Dans ce cadre d'échanges, il existe un marché parallèle qui est celui de la contrefaçon, des armes, des drogues, des organes humains et de la prostitution, entre autres…

Nous allons donc, ensemble, aborder le marché de la drogue et évoquer le commerce international, particulièrement celui du Pacifique (dans notre prochain numéro). Partout dans le monde, il y a une réelle dépendance entre...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 361 en cliquant ICI


Dans la même rubrique
< >

Vendredi 1 Décembre 2017 - 22:51 Le drone marin d'Assystem : R&D franco-tahitienne


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier