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Polynésiens en Nouvelle-Calédonie : Taratoni, à l'heure du référendum


Jeudi 28 Juin 2018 - écrit par Julien Sartre


Pour quelques années seulement ou pour toujours, depuis quelques semaines ou de nombreuses décennies, plusieurs milliers de personnes originaires du fenua ont fait le choix de la Nouvelle-Calédonie. Ils sont devenus un peu "taratoni", un peu calédoniens. Paradoxe : ils se sentent mis à l'écart dans cet autre archipel français du Pacifique, au moment où approche le référendum sur l'indépendance. Reportage.



Crédit photos : DR
Crédit photos : DR
Le quartier populaire de la Vallée du Tir, à Nouméa, s'étend tout en hauteur sur une des collines qui bordent la baie, juste en face du port Moselle et de l'usine de nickel. Tout en bas du quartier, non loin de la voie rapide qui dessert la capitale de la Nouvelle-Calédonie, on trouve une église catholique vietnamienne. Deux rues plus haut, une autre communauté a son lieu de culte identifié, il s'agit de l'église et du foyer de Wallis-et-Futuna. Et enfin, au sommet de la colline – toute proche de la forêt qui entoure la ville – se dresse l'Église protestante mā'ohi.
Elle forme l'épicentre de la vie en communauté pour les Polynésiens qui vivent sur "le Caillou" – c'est de cette façon que les habitants de la Grande-Terre surnomment affectueusement leur île. Cette paroisse est d'ailleurs la plus importante de l'arrondissement de Nouvelle-Calédonie, le huitième, le seul qui ne soit pas situé dans l'archipel de Polynésie française...

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Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier