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Projet de ferme aquacole à Hao : entre impatience et inquiétude…


Vendredi 25 Janvier 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Lancé en grande pompe en début d’année dernière, le projet de ferme aquacole à Hao est au point mort. La truelle est posée au sol et les investisseurs chinois, qui semblaient pressés, ne donnent plus signe de vie. Les habitants de l’île commencent sérieusement à s’impatienter et l’inquiétude générale grandit, ce qui suscite l’augmentation du nombre de “Hao-sceptiques”, dont fait même partie le maire (lire son interview réalisée en décembre 2018)… Le gérant de Marama Development & Management, la nouvelle société responsable de la maîtrise d’ouvrage, justifie le retard des travaux en raison des plans modifiés et donc des permis retardés au mois de juin 2019. La construction du vaste complexe ne serait ensuite pas achevée avant 2021, au mieux. À la conquête des terres, des mers et désormais de l’espace, quelles sont les réelles ambitions de l’Empire du Milieu en Polynésie française ?



La ferme aquacole à Hao projette de couvrir une surface de 32 hectares et d’accueillir environ 1 000 bassins dans le lagon et 78 autres à terre, pour y développer une activité d’aquaculture.
La ferme aquacole à Hao projette de couvrir une surface de 32 hectares et d’accueillir environ 1 000 bassins dans le lagon et 78 autres à terre, pour y développer une activité d’aquaculture.
Bien que les travaux de la future ferme aquacole géante aient débuté mi-mars 2018 à Hao, soit il y a presque un an, le chantier est actuellement au point mort… “Le terrassement (11 hectares) a été effectué à 50 % ; la zone qui accueillera la partie technique (centrale électrique, laboratoire et centre d’études) est achevée. À terme, un bâtiment de deux-trois étages y sera également construit. Cependant, l’autre partie, celle où seront installés l’usine de reproduction et les bassins à poissons, est en phase d’attente de réalisation”, rapporte le maire de l’île, Théodore Tuahine. Cet atoll, qui possède un aérodrome, anciennement base aérienne 185, a été utilisé par l’Armée de l’air et l’aviation navale dans le cadre du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). Depuis 2012, les gouvernements successifs de Polynésie ont décidé de sacrifier ce petit bout de paradis de 65 km2 en donnant l'autorisation à la société chinoise Tahiti Nui Ocean Foods (TNOF) d’y développer une activité intensive d’élevage de poissons
(50 000 tonnes par an), une première au fenua...

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Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier