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Quand le bâtiment va…



Cette fameuse phrase, prononcée pour la première fois par le député Martin Nadaud en 1850, a traversé le temps pour rappeler l’importance du bâtiment dans la vie économique d’une société. Si le secteur du bâtiment en Polynésie française peine à sortir de la crise, son image de marque vient de prendre une petite gifle la semaine dernière quand, à l’occasion de travaux réalisés sur la rotonde du Centre hospitalier, ont été découvertes des malfaçons en maçonnerie. Après de nouvelles expertises, et par mesure de sécurité, les agents administratifs du bâtiment ont été déménagés sur le CHPF. Mais reste encore le cas des patients du dispensaire des Tuamotu-Gambier pour lesquels il a fallu trouver un local. La rotonde devait accueillir aussi le nouveau centre
de dialyse, dont l’ouverture sera de facto reportée. Les problèmes s’accumulent, mais restent minimes par rapport à ce qu’ils pourraient être si l’étude menée sur le bâtiment principal du CHPF venait à démontrer de pareilles malfaçons. La direction de la Santé n’a aucune solution alternative susceptible d’absorber les 548 lits de l’hôpital ; au mieux, une cinquantaine pourrait être transférée aux cliniques Cardella et Paofai. Ce cas de figure n’est bien évidemment pas souhaitable, mais un hôpital de campagne pourrait être une solution provisoire ; reste à trouver un site. Pendant ce temps, assureurs et experts du contrôle de la construction n’ont pas fini de se renvoyer la balle des responsabilités.
Seule certitude concernant le CHPF, des malfaçons existent depuis sa construction entamée par Bouygues, qui avait fini par jeter l’éponge devant les incessants changements demandés par le président Gaston Flosse.
À chaque grosse pluie, le parking, le hall d’accueil et bien d’autres endroits sont envahis par les eaux, ce qui laisse augurer du pire sur la qualité du bâtiment au coût pourtant si dispendieux.
Cette affaire n’est pas sans nous rappeler qu’il y a quelques semaines, on découvrait que la toiture, et plus particulièrement la charpente de la gare maritime, était fragilisée par les termites. L’année dernière, c’était un margouillat qui avait plongé tout le CHPF dans le noir. Qui a dit qu’il n’y avait pas d’animaux dangereux en Polynésie française ?

Vendredi 10 Mars 2017 - écrit par Luc Ollivier


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Luc Ollivier

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Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier