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Quel avenir pour les personnes à mobilité réduite en Polynésie ?


Vendredi 30 Novembre 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Quelle est la situation du handicap en Polynésie et quelles sont les perspectives d’avenir ? Nombreuses sont les personnes à mobilité réduite (PMR) qui fustigent nos responsables politiques pour le manque de structures adaptées et d’aménagements. Il reste beaucoup à faire, notamment pour l’accessibilité qui n’est toujours pas réglementée au fenua ! L’organisation d’un "Conseil du handicap", le 3 décembre prochain, annonçant le lancement d’une stratégie Handicap-Inclusion 2019-2023, donne enfin une lueur d’espoir à tous ces oubliés de la société…



Dans le film Alors on danse, Jacques Navarro-Rovira a réussi à mettre en scène quatre jeunes adultes de l’association Fraternité chrétienne des handicapés grâce au ‘ori tahiti et à la danse contemporaine. Crédit photos : DR
Dans le film Alors on danse, Jacques Navarro-Rovira a réussi à mettre en scène quatre jeunes adultes de l’association Fraternité chrétienne des handicapés grâce au ‘ori tahiti et à la danse contemporaine. Crédit photos : DR
Qui n’a jamais été scandalisé en voyant une place ou un accès réservé aux personnes à mobilité réduite (PMR) occupée par un conducteur valide, parfois même par un véhicule officiel de l’État, comme le montre la photo ci-contre ? Qui n’a pas eu un pincement au cœur en observant une PMR braver les obstacles pour circuler en fauteuil roulant ? Alors que le Pays mise sur le tourisme pour redresser notre économie, les infrastructures ne sont pas adaptées aux PMR. Il suffit de faire un tour de l’île de Tahiti pour s’en rendre compte. La nouvelle passerelle de la marina Taina (Punaauia) est infranchissable, la piscine municipale de Papeete n’est pas aménagée, des escaliers empêchent l’accès au belvédère du Tahara’a (Arue), rien n’a été prévu non plus au Trou du souffleur d’Arahoho (Tiarei) malgré un investissement de 160 millions de Fcfp pour rénover le site… Et que dire des autres îles ? Pour répondre à ces manquements, le ministère ad-hoc projette la mise en place d’une charte “Tourisme et Handicap”, dont la finalité serait la création d’un label qui apporterait une information fiable, descriptive et objective de l'accessibilité des sites et équipements touristiques.
Finalement, Mahina est la seule commune à avoir adopté, en 2013, une charte ville-handicap. D’ailleurs, la Pointe Vénus a été réaménagée pour faciliter la circulation des PMR, qui peuvent aussi accéder au quai et embarquer sur un bateau. La mairie s’est également équipée d’un tiralo, un fauteuil amphibie, qui offre ainsi aux personnes porteuses d’un handicap les joies de la mer en toute sécurité. Unique en son genre, le stade de la municipalité est, lui aussi, doté d’une rampe d’accès pour les supporters en fauteuil...

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Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier