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Quelles évolutions statutaires pour les Marquises ?


Vendredi 20 Avril 2018 - écrit par Lucie Tetahiotupa


Originaire des Marquises, où elle a grandi, Lucie Tetahiotupa suit actuellement des études en métropole à Sciences Po Toulouse, en Master 1, et rédige un mémoire sur le changement statutaire de son archipel. Elle nous a proposé la publication de ce qu’elle a nommé un article-dossier sur ses travaux ; nous vous le livrons.



Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
L’évolution statutaire des Marquises pose aujourd’hui débat. Les élus marquisiens souhaitent obtenir davantage de compétences afin de dynamiser le développement de l’archipel, tout en préservant l’unité de la Polynésie française. La forme juridique du nouveau statut, comme les compétences et moyens à transférer, seront déterminés en concertation par l’État, le Pays et la communauté de communes des Îles Marquises. Le principal point de friction semble porter, pour l’heure, sur les fonds attribués par l’État et surtout le Pays, aux Marquises pour l’exercice de nouvelles compétences...

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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier