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Référendum d’autodétermination : la Calédonie à l’heure du choix


Vendredi 2 Novembre 2018 - écrit par Luc Ollivier


Troisième collectivité française du Pacifique avec la Polynésie française et Wallis-et-Futuna, la Nouvelle-Calédonie est à un tournant de son histoire avec une possible accession à une pleine souveraineté acquise ce 4 novembre, si le corps électoral retenu le décide. Loyalistes et souverainistes s’affrontent dans les urnes pour un résultat qui, s’il intéresse l’Hexagone en premier lieu, ne manquera pas de trouver un écho sur le fenua.



1 Cérémonie coutumière à Hienghène, fief de Jean-Marie Tjiabou et de sa famille, à l'occasion de la réouverture du centre culture Goa Mwa Barat. Crédit photo : Julien Sartre
1 Cérémonie coutumière à Hienghène, fief de Jean-Marie Tjiabou et de sa famille, à l'occasion de la réouverture du centre culture Goa Mwa Barat. Crédit photo : Julien Sartre
"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" : ainsi a été libellée la question posée aux 174 000 votants calédoniens, composant un corps électoral spécifique, sur les 210 000 habituels électeurs. Trente années de négociations et d’accords (Matignon, Nouméa) aboutissent donc à une simple, mais ô combien cruciale, question. Un simple "oui" ou un simple "non" va donc décider du futur de cette tête de pont française du Pacifique, en attendant deux autres votes similaires, prévus en 2020 et 2022 si le "non" venait à l’emporter.
Ainsi, Paris semble donner toutes ses chances au peuple kanak de retrouver son indépendance. L'archipel figure depuis 1986 sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser de l'ONU, bien avant les indépendantistes polynésiens du Tavini Huiraatira qui ont entrepris cette démarche en 2013, mais qui ne bénéficient pas de la même attention. Les instances onusiennes ont d’ailleurs été invitées le 4 novembre à attester de la régularité du scrutin...

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La Calédonie à qui perd gagne ?

Des vainqueurs qui restent sur leur faim, des vaincus plein d’espoir, le résultat du référendum d’autodétermination calédonien du dimanche 4 novembre n’a pas manqué d’afficher des sentiments opposés et même paradoxaux.
La victoire annoncée avant l’heure du "non" à la pleine souveraineté s’est avérée exacte, mais dans des proportions bien moindres que celles que laissaient escompter les sondages ou les dernières élections provinciales. Le deux-tiers/un-tiers s’est transformé en un 56,4/43,6 qui a surpris les observateurs, les électeurs et les responsables des partis politiques locaux.
La Nouvelle-Calédonie a donc affirmé son attachement à la France, mais pas d’une façon massive ; et la carte des régions pro et anti-métropole n’a que très peu bougé depuis la date des premiers accords en 1988. Un autre scrutin devenu incontestable en 2020 en raison du "faible" écart entre les opposants, puis peut-être encore un autre en 2022, vont plonger ce territoire dans un attentisme économique dont il aurait bien aimé se passer. Deux ou quatre ans, c’est peu pour faire basculer une majorité, mais suffisant pour faire tourner une économie au ralenti.
Ces résultats n’ont pas manqué de faire réagir le Tavini Huiraatira qui n’a pu s’empêcher de faire un parallèle avec la Polynésie française. Après des démêlés avec la justice "coloniale" et un tour de l’île en mémoire du leader autonomiste Pouvana'a a Oopa enfin réhabilité par cette même justice, Oscar Temaru demande à ce qu’un tel référendum soit organisé. Le leader bleu l’a souvent martelé, tout comme Moetai Brotherson : un vote pour l’indépendance n’a rien de comparable avec un vote pour les territoriales ; il ne faut pas se fier aux résultats de l’un pour estimer l’autre. Le résultat calédonien lui a donné raison. Voilà qui ne manquera pas de lui donner encore plus d’ardeur sur les bancs de la 4e commission de l’ONU.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier