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Rentrer au fenua : un si long chemin…


Vendredi 26 Juin 2020 - écrit par Julien Sartre


Il reste moins de 300 personnes bloquées loin du fenua : les deux derniers vols de rapatriement assurés depuis Paris par Air Tahiti Nui (ATN) sont supposés les ramener sans encombre. En revanche, une nouvelle catégorie de voyageurs est concernée par la crise des transports engendrée par la crise sanitaire.



Crédit photo : Julien Sartre
Crédit photo : Julien Sartre
”Ramenez-nous !" Cela a pris du temps, les conditions ont parfois été très dures, mais leur appel a été entendu : la majorité de ceux qui étaient bloqués loin du fenua par la pandémie de Covid-19 ont pu être ramenés chez eux, en Océanie. "Au début de la crise sanitaire, nous avions environ 1 500 personnes qui voulaient rentrer en Polynésie française et se trouvaient complètement empêchés, dans des situations parfois de grande détresse sociale et/ou psychologique", confirme la Délégation de Polynésie française à Paris, contactée par Tahiti Pacifique.
L’institution, dirigée par la déléguée Caroline Tang, a joué un rôle important dans le recensement des étudiants et des résidents bloqués. Elle était en lien avec le haut-commissariat en Polynésie française et la Délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, à Paris. "La vie de beaucoup de personnes a été bouleversée et notre travail a été de mettre en relation la cellule de crise du haut-commissariat avec celles et ceux qui étaient le plus en difficulté, se souvient un fonctionnaire des services de la Délégation de Polynésie française...

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT