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"Runs" sauvages cherchent terrain


Vendredi 22 Février 2019 - écrit par Vaitiare Chanfour


Au lendemain des week-ends, on apprend toujours avec consternation et impuissance les décès de jeunes survenus à l’occasion des runs sauvages, véritables défis, vis-à-vis d’eux-mêmes mais également vis-à-vis de la société. Motos trafiquées, absence d’équipement de sécurité, courses, ces jeunes peuvent mettre gravement en danger des usagers de la route. La loi n° 2018-701 du 3 août 2018 a récemment renforcé la lutte contre les rodéos motorisés et alourdi les peines. Pourtant, les runs sauvages n’ont pas disparu, comme en atteste celui du dernier week-end de janvier qui a réuni une centaine de participants. Jusqu’où ira ce bras de fer avec les autorités ? La répression est-elle la seule réponse ?



Savoir piloter une moto nécessite de la formation et de l’expérience et donc beaucoup d’erreurs pourraient être évitées si les jeunes runners pouvaient recevoir les conseils avisés des professionnels de la moto. Crédit photo : DR
Savoir piloter une moto nécessite de la formation et de l’expérience et donc beaucoup d’erreurs pourraient être évitées si les jeunes runners pouvaient recevoir les conseils avisés des professionnels de la moto. Crédit photo : DR
Quand un fait social, comme celui des runs sauvages, s’impose à la société, il devient incontournable, selon Durkheim, fondateur de la sociologie française. La régularité statistique annuelle des jeunes motards blessés, mutilés ou tués sur la route en raison des runs (courses) et des wheelings (acrobaties sur une roue) vient conforter cette idée. Ce n’est pas faute d’avoir tenté de neutraliser le phénomène par une répression de plus en plus sévère de la part des pouvoirs publics. L’heure semble désormais être à une institutionnalisation du fait social par un encadrement via des campagnes de prévention. L’objectif admis de tous est de faire cesser le nombre croissant des accidents des deux-roues chez nos jeunes, du fait de leurs comportements litigieux. La sensibilisation doit également concerner les parents, qui ferment les yeux sur les motos trafiquées ou qui les financent directement ou indirectement...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier