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Scolarité : notre système éducatif est-il adapté aux élèves polynésiens ?


Vendredi 19 Octobre 2018 - écrit par Toatane Rurua


Chaque année, une bonne partie des écoliers polynésiens se retrouve en difficulté scolaire. Les autorités de l’éducation tentent, tant bien que mal, d’endiguer ce problème en renforçant les programmes pédagogiques ou en s’attaquant à toutes les difficultés liées aux conditions économiques et sociales de ces élèves. Les acteurs du monde culturel local dénoncent pour leur part un système éducatif qui serait inadapté aux spécificités culturelles des élèves polynésiens.



Crédit photo : DR
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L’échec scolaire est un phénomène qui affecte beaucoup notre jeunesse. Les chiffres de l’éducation nous révélaient, en 2016, que 40 % des élèves avaient des difficultés à lire tandis que 30 % étaient en décrochage. Le constat n’était pourtant pas nouveau. Lors des États généraux en 2009, on dénonçait déjà que 40 % de jeunes sortaient du système scolaire sans aucun diplôme et que le taux de scolarisation était dégradé par rapport à celui des jeunes métropolitains. Les résultats des examens du baccalauréat, proches de ceux de la métropole, sont plutôt satisfaisants certes, mais cela s’expliquerait par l’abandon massif des élèves en difficulté durant leur scolarité.
Les efforts fournis par les autorités compétentes en matière d’éducation, depuis quelques années, pour remédier à cette situation difficile, tant dans la recherche de l’amélioration de la qualité de ses enseignements que par la prise en charge des élèves en difficultés, voire en décrochage scolaire, sont à souligner. Toutefois, ces efforts engendrent, de la part du Pays et surtout de l’État, des coûts énormes avec des résultats qui semblent n’avoir pas toujours été au rendez-vous. Aujourd’hui, le coût de la scolarité d’un élève en Polynésie est plus élevé qu’en métropole, selon les chiffres de la Cour des comptes (986 000 Fcfp contre 924 000 Fcfp).
Plusieurs raisons, telles que l’éloignement des élèves de leur familles, l’absentéisme des parents ou encore les difficultés liées aux conditions économiques et sociales des élèves ont été évoquées à maintes reprises pour expliquer de problème de société au niveau local...

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier