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Société : l'inquiétante montée de la violence chez nos jeunes


Vendredi 5 Octobre 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Multiplication des bagarres générales en journée ou en soirée, comportements déviants en centre-ville comme à la Presqu'île, vols à l'arraché, agressions diverses dans des lieux publics, cambriolages en tous genres, caillassages… En proie à l'oisiveté et en manque de repères et de valeurs, la jeunesse polynésienne dérape de plus en plus, cassant au fil du temps l'image de "cool attitude" qui caractérise nos îles. Le Pays semble impuissant face à cette montée de la violence au fenua, expression d'une misère et d'inégalités sociales grandissantes.



Crédit photo : Dominique Schmitt - Montage photo : T. Cuneo
Crédit photo : Dominique Schmitt - Montage photo : T. Cuneo
Tous les mercredis après-midi, en période scolaire, le même scénario se reproduit aux abords du fast-food, en centre-ville : les cours à peine finis, les jeunes se rassemblent, se toisent, se provoquent et finissent par se bagarrer. De plus en plus souvent, ce sont des rixes générales qui éclatent au vu et su de tous, sans que personne n'ose intervenir parfois. Pour une fille ou un regard mal placé, les adolescents veulent en découdre sur le champ et règlent le conflit avec les poings, sans prendre la peine de discuter et encore moins d'engager un échange constructif. Du marché de Papeete au parc Paofa’i, la capitale devient leur terrain de jeu (de mains). Ils semblent d'autant plus motivés que leurs petits camarades les regardent, les encouragent et, surtout, filment la scène. Des vidéos qui seront publiées quelques instants plus tard sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, et bien évidemment commentées et partagées. Comment a-t-on pu arriver à une situation aussi alarmante sous nos latitudes ?
Un rapport publié le 7 juin dernier par la direction de la Santé et le ministère de l'Éducation, dresse un bilan inquiétant de la santé physique et mentale des adolescents du fenua, âgés de 13 à 17 ans...

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Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier