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Société : la réforme des retraites enfin adoptée


Vendredi 21 Septembre 2018 - écrit par Luc Ollivier


Virginie Bruant, présidente de la commission législative de la santé, en charge de la réforme de la PSG, a réalisé un petit tour de force que personne n’avait réussi dans la majorité depuis trois ans : trouver un consensus avec les partenaires sociaux, même si certains sont encore dans la contestation, sur les premières réformes à mettre en œuvre à l’horizon 2020. Les futurs retraités vont enfin pouvoir se projeter sur leur avenir, après adoption de la loi amendée, prévue aujourd’hui à l’assemblée lors de la session ordinaire budgétaire.



Elle aura fait couler beaucoup d’encre, cette réforme "urgente" de la Protection sociale généralisée et en priorité de la retraite, depuis les premières annonces du président Édouard Fritch en 2015. Consultations, tables rondes se sont heurtées à une farouche, tout autant que dispersée, opposition syndicale qui souhaitait d’abord réformer le système de santé. Jusqu’au dernier moment, plusieurs syndicats auront fait part de leur mécontentement, avec une grève générale enclenchée mercredi. Mais cela ressemble plus à un baroud d’honneur qu’autre chose, la majorité à l’assemblée ne manquera pas d’adopter ce projet de loi.
Le choix des urnes en mai dernier ayant donné un nouveau mandat au Tapura Huiraatira du président sortant, la réforme, mise de côté en mars suite à la pression de la rue pilotée par un parti d’opposition, a pu être rapidement réenclenchée...

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Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier