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Société : la réforme des retraites enfin adoptée


Vendredi 21 Septembre 2018 - écrit par Luc Ollivier


Virginie Bruant, présidente de la commission législative de la santé, en charge de la réforme de la PSG, a réalisé un petit tour de force que personne n’avait réussi dans la majorité depuis trois ans : trouver un consensus avec les partenaires sociaux, même si certains sont encore dans la contestation, sur les premières réformes à mettre en œuvre à l’horizon 2020. Les futurs retraités vont enfin pouvoir se projeter sur leur avenir, après adoption de la loi amendée, prévue aujourd’hui à l’assemblée lors de la session ordinaire budgétaire.



Elle aura fait couler beaucoup d’encre, cette réforme "urgente" de la Protection sociale généralisée et en priorité de la retraite, depuis les premières annonces du président Édouard Fritch en 2015. Consultations, tables rondes se sont heurtées à une farouche, tout autant que dispersée, opposition syndicale qui souhaitait d’abord réformer le système de santé. Jusqu’au dernier moment, plusieurs syndicats auront fait part de leur mécontentement, avec une grève générale enclenchée mercredi. Mais cela ressemble plus à un baroud d’honneur qu’autre chose, la majorité à l’assemblée ne manquera pas d’adopter ce projet de loi.
Le choix des urnes en mai dernier ayant donné un nouveau mandat au Tapura Huiraatira du président sortant, la réforme, mise de côté en mars suite à la pression de la rue pilotée par un parti d’opposition, a pu être rapidement réenclenchée...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier