Menu


Sortie de route



Il est des chiffres difficiles à commenter, ceux des accidents mortels sur les routes polynésiennes en font malheureusement partie. Après des années de baisse en 2014 et 2015, avec 17 personnes décédées suite à un accident de la route, les drames sont en augmentation depuis trois ans, avec 27 tués en 2016, 24 en 2017 et déjà 34 cette année.
Les pouvoirs publics n’y arrivent plus, et la seule répression a atteint ses limites. La peur du gendarme et les contrôles pourtant annoncés au préalable n’endiguent plus les comportements dangereux, les addictions aux drogues et à l’alcool.
Les autorités ont décidé de placer la sécurité routière au cœur de leurs priorités. Le Conseil de prévention de la délinquance prévoit une “intensification des contrôles routiers”, une “organisation des actions ciblées à la sortie des établissements festifs (sensibilisation et contrôle)”, une “intensification des actions de prévention dans et aux abords des établissements scolaires” et le “lancement d’une campagne de communication choc autour des comportements à risques et la responsabilité de chacun”.
Le haut-commissaire en appelle à un soutien des médias pour que le préventif vienne en complément du répressif. Un préventif qui a perdu de sa représentation avec la disparition de l’EPAP (Établissement public administratif pour la prévention) et dont les actions, auprès des plus jeunes dans les écoles, tardent à porter leurs fruits.
Au pays du tout-voiture, les déclarations politiques de tout bord ont fait long feu. Quelles alternatives offre-t-on à la voiture ? Où sont les couloirs de bus promis, où sont les pistes cyclables, où en sont les zones de covoiturage ?... La voiture est reine et les comportements des automobilistes interpellent. Les infractions au code de la route sont légion, priorités non respectées, feux brûlés, clignotants oubliés… c’est la loi du plus fort qui prédomine et les deux-roues n’ont qu’à bien se tenir.
Le réseau est saturé dans le Grand Papeete, ce qui pourrait expliquer certaines attitudes, mais les accidents n’y sont pas plus mortels qu’ailleurs. Tout autour de Tahiti ou dans les îles, le danger guette, que l’on soit motorisé ou à pied, la journée ou en soirée.
La conduite est le reflet de sa personnalité, la voiture est une seconde peau pour l’automobiliste, malheureusement, elle ne remplacera jamais la première. Pensez-y, la prochaine fois que vous prendrez votre véhicule.

Bonne lecture et merci pour fidélité.

Jeudi 29 Novembre 2018 - écrit par Luc Ollivier


Continuez la lecture
< >

Vendredi 14 Décembre 2018 - 08:34 Opposition constructive

Vendredi 16 Novembre 2018 - 08:06 La Calédonie à qui perd gagne ?


Luc Ollivier

Nouveau commentaire :

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier