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Sous-marins français : Macron assure Morrison de son engagement “plein et entier”


Vendredi 18 Juin 2021 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : AFP
Crédit photo : AFP
Le président français Emmanuel Macron a assuré le Premier ministre australien Scott Morrison de “l’engagement plein et entier” de la France pour aller au bout du contrat de fourniture de sous-marins français qui connaît des retards, et même
aller plus loin et plus vite”.
Je veux vous dire notre engagement plein et entier, celui des industriels (...) celui de tout le gouvernement français, pour être au rendez-vous des ambitions communes et si possible aller plus loin et plus vite car je sais que vous y tenez”, a déclaré M. Macron aux côtés de M. Morrison dans la cour de l’Élysée.
Cet important contrat portant sur la construction de 12 sous-
marins à propulsion conventionnelle pour la Marine de l’immense île-continent, d’un montant de 68 milliards de dollars (56 milliards d’euros), conclu avec le groupe français Naval Group (ex-DCNS), est accusé en Australie de dépassements de budget et de retards, ce dont se défend l’industriel.
La question de la poursuite de ce projet est un sujet sensible sur le plan de la politique intérieure australienne, auquel s’ajoutent l’épineuse question des transferts de technologies dans ce type de contrat et le contexte géopolitique de la zone Indo-Pacifique où l’Australie fait face à la pression maritime et militaire croissante de la Chine.
Je sais combien vous êtes aux avant-postes des tensions qui peuvent exister dans la région”, a déclaré M. Macron, alors que la France est un acteur de la zone Indo-Pacifique du fait de ses larges zones maritimes et territoires d’outre-mer.
La zone Indo-Pacifique et les velléités d’hégémonie chinoise sont devenues un des axes stratégiques prioritaires de la France sous la présidence d’Emmanuel Macron qui a rejeté “fermement toute mesure coercitive de nature économique prise contre l’Australie en violation flagrante du droit international”, en référence aux épisodes récents des tensions croissantes entre les deux pays.
M. Morrison a remercié le président Macron du soutien français dans ces “temps difficiles dans l’Indo-Pacifique”, tout en louant le “leadership” du français sur les questions climatiques notamment.
M. Morrison était en Europe notamment pour participer au récent sommet du G7 en Angleterre. Les deux hommes partageaient un dîner de travail après ces déclarations.

Source : Agence France-Presse

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT