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Sportez-vous bien



Séminaire sport-santé, charte éco-mobilité, les derniers jours ont fait la part belle à la préconisation de l’activité physique. Et, chose incroyable, elle aurait des bénéfices sur notre santé et notre portefeuille ! Autant dire que certains viennent d’apprendre que la Terre était ronde. Se mouvoir sur un terrain, dans une salle, lors d’une compétition ou d’un spectacle (voir l’article de Simone Grand en pages 10-11) ne serait donc plus vu, ce que beaucoup pensaient jusqu’à présent, comme un passe-temps ou mieux encore un palliatif à la délinquance. Non, le sport a d’autres vertus, premières, qui auraient mérité depuis longtemps d’être mieux considérées. Et la première d’entre elles est sans conteste la recherche du bien-être, de la santé.
Une étude, menée déjà en 1995 par la direction de la Santé et mise à jour en 2010, montrait que 70 % de la population adulte étaient en surpoids, dont 40 % obèses. Les chiffres n’étaient guère plus reluisants chez les plus jeunes avec 35,8 % des enfants en surpoids et 16,2 % d’obèses. En Polynésie française, 33 000 personnes (soit 11,5 % de la population) sont en longue maladie : diabète, maladie cardiaque, hypertension artérielle. Le constat est donc connu de tous depuis longtemps, mais ces problèmes paraissaient insurmontables jusqu’à ce qu’on se décide à les combattre par le sport. Après les timides campagnes de prévention, dont on n’a jamais pu mesurer l’impact, place est donc faite à l’action. C’est en tout cas ce qui ressort, par exemple, des propos de Patrick Galenon, président de la Commission santé à la CPS au sortir du séminaire interministériel sport-santé ou de la charte éco-mobilité.
Dans le premier cas, il est question d’inciter les salariés à avoir des activités sportives via leurs entreprises. C’est un premier pas qui ne concerne souvent que les grosses boîtes. Mettre la population au sport, c’est déjà lui offrir la possibilité d’en faire. Des exemples ? Pour toute personne qui intègre une fédération sportive, prise en charge totale ou partielle du coût de la licence, idem pour l’obtention du certificat médical. Des sommes qui, cumulées à l’achat de l’équipement sportif, et multipliées par le nombre d’enfants peuvent être décourageantes. Il est temps d’arrêter de sponsoriser une compétition qui fait déjà le plein en y mettant trois banderoles CPS, ce n’est à nos yeux pas suffisamment efficace. Pour celles et ceux qui préfèrent la jouer en solo, mettre à disposition des parcours santé. Celui de Paofai a prouvé toute son utilité. Mais il en faut d’autres, sur toute l’île quand on voit ces marcheurs dans la montée du Tahara'a ou sur la RDP tenter de s’oxygéner à côté de polluantes voitures.
La charte éco-mobilité veut (dans son thème 4) responsabiliser le citoyen en lui demandant de préférer des modes doux de transport comme le vélo, la marche, le roller… Du vélo ? Quand on prévoit de raboter les pistes cyclables pour en faire des voies de bus, ou quand on n’en aménage aucune malgré les travaux routiers ? De la marche ? Quand, on vient de l’écrire, les parcours santé sont rares et qu’en ville, on respire les gaz d’échappement…
La prise de conscience de la population est réelle, mais on ne peut pas tout lui demander. En sport, les efforts doivent être mis en commun, c’est comme cela que l’on gagne.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Luc Ollivier


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Luc Ollivier

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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier