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Syndicat : bataille immobilière à la CSTP/FO


Vendredi 20 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


En pleine lutte pour le pouvoir après le départ "surprise" d’Angélo Frébault au Tahoera’a Huiraatira, le syndicat CSTP/FO vient à faire parler de lui en raison de révélations sur une opération immobilière singulière : un immeuble acheté 55 millions de Fcfp en 2008 a été revendu neuf ans plus tard 36,7 millions de Fcfp. La suspicion règne autour de cette parcelle de 385 m2, située dans le centre-ville de Papeete, entre la rue des Remparts et la rue Albert Leboucher, quartier Taotaoa.



Crédit photo : Luc Ollivier
Crédit photo : Luc Ollivier
Derrière cette "affaire" immobilière", il s’agit bien pour le syndicat ouvrier majoritaire de Polynésie française de trouver un remplaçant au démissionnaire Angélo Frébault qui a organisé un bureau confédéral extraordinaire, le 23 mars, afin de nommer son adjointe, Mireille Duval, pour assurer l’intérim à la tête du syndicat. Les statuts stipulent qu’il appartient au comité confédéral territorial d’être convoqué avant de nommer un nouveau secrétaire général. Tous les moyens sont donc bons pour faire pencher la balance de son côté. L'“affaire” de cette acquisition immobilière fait donc partie du jeu...

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Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier