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Syndicat : bataille immobilière à la CSTP/FO


Vendredi 20 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


En pleine lutte pour le pouvoir après le départ "surprise" d’Angélo Frébault au Tahoera’a Huiraatira, le syndicat CSTP/FO vient à faire parler de lui en raison de révélations sur une opération immobilière singulière : un immeuble acheté 55 millions de Fcfp en 2008 a été revendu neuf ans plus tard 36,7 millions de Fcfp. La suspicion règne autour de cette parcelle de 385 m2, située dans le centre-ville de Papeete, entre la rue des Remparts et la rue Albert Leboucher, quartier Taotaoa.



Crédit photo : Luc Ollivier
Crédit photo : Luc Ollivier
Derrière cette "affaire" immobilière", il s’agit bien pour le syndicat ouvrier majoritaire de Polynésie française de trouver un remplaçant au démissionnaire Angélo Frébault qui a organisé un bureau confédéral extraordinaire, le 23 mars, afin de nommer son adjointe, Mireille Duval, pour assurer l’intérim à la tête du syndicat. Les statuts stipulent qu’il appartient au comité confédéral territorial d’être convoqué avant de nommer un nouveau secrétaire général. Tous les moyens sont donc bons pour faire pencher la balance de son côté. L'“affaire” de cette acquisition immobilière fait donc partie du jeu...

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La stabilité avant tout

Le 6 mai dernier, avec plus de 66 000 voix, le Tapura Hui- raatira du président Édouard Fritch raflait la mise des
sièges à pourvoir au sein de l’assemblée où les Rouges représentent désormais 66,66 % de l’hémicycle. Il n’en faudrait pas plus pour que tout superstitieux ne se rue dans le premier magasin de jeu à gratter pour tenter d’y gagner le pac- tole avec un numéro fétiche, le 6 par exemple.
Édouard Fritch ne doit pourtant pas à la chance d’avoir obtenu un succès attendu après les résultats du premier tour, fort de l’adhésion de près d’un vote exprimé sur deux par des Polynésiens qui n’ont pas cédé au chant des sirènes de l’abstentionnisme, même si ce dernier est encore en progression. Placé au pouvoir par Gaston Flosse en 2015, celui qui n’est plus considéré
depuis lors comme le gendre idéal par ce même Gaston Flosse a su fédérer autour de sa personne avant de fédérer autour d’un programme. Rien de bien révolutionnaire, des projets à taille humaine qui accompagnent le développement touristique, comme partout ailleurs dans le monde (+7 %) et économique, essentiellement basé à Hao, sans oublier quelques réformes structurelles notamment celle de la retraite, dans un premier temps, puis inévitablement de toute la Protection sociale généralisée. Une gestion de bon père de famille, pourrait-on dire, misant sur une stabilité politique retrouvée qui s’accompagne de l’indice de confiance. Pourra-t-elle résister à une instabilité portée par une partie de l’opposition politique ? Rien n’est moins sûr. Et la tâche du prochain gouvernement à venir pour- rait bien être, après l’élection du président de l’assemblée prévue hier et du président du Pays programmée pour aujourd’hui, d’éteindre des incendies comme ceux que le Tahoera’a a reconnu avoir allumés lors des dernières années (voir article de Jean-Marc Regnault en page 10).
Le ton risque d’être vite donné avec l’urgence des premières réformes qui avaient fait descendre les syndicats dans la rue. Un Tavini qui stagne et un Tahoera’a qui joue sa survie et tentera de continuer d’exister jusqu’aux muni- cipales de 2020 auront du mal à faire entendre leurs voix dans l’hémicycle face aux 38 sièges rouges à l’assemblée sur 57 possibles. Il reste à espérer que les débats s’y cantonnent.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier