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Syndicat : bataille immobilière à la CSTP/FO


Vendredi 20 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


En pleine lutte pour le pouvoir après le départ "surprise" d’Angélo Frébault au Tahoera’a Huiraatira, le syndicat CSTP/FO vient à faire parler de lui en raison de révélations sur une opération immobilière singulière : un immeuble acheté 55 millions de Fcfp en 2008 a été revendu neuf ans plus tard 36,7 millions de Fcfp. La suspicion règne autour de cette parcelle de 385 m2, située dans le centre-ville de Papeete, entre la rue des Remparts et la rue Albert Leboucher, quartier Taotaoa.



Crédit photo : Luc Ollivier
Crédit photo : Luc Ollivier
Derrière cette "affaire" immobilière", il s’agit bien pour le syndicat ouvrier majoritaire de Polynésie française de trouver un remplaçant au démissionnaire Angélo Frébault qui a organisé un bureau confédéral extraordinaire, le 23 mars, afin de nommer son adjointe, Mireille Duval, pour assurer l’intérim à la tête du syndicat. Les statuts stipulent qu’il appartient au comité confédéral territorial d’être convoqué avant de nommer un nouveau secrétaire général. Tous les moyens sont donc bons pour faire pencher la balance de son côté. L'“affaire” de cette acquisition immobilière fait donc partie du jeu...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier