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TOURISME : la Nouvelle-Zélande crée une taxe de séjour


Jeudi 28 Juin 2018 - écrit par Agence France-Presse




Wellington a annoncé qu’elle allait imposer une taxe spéciale aux touristes étrangers pour financer le développement de ses infrastructures, face à l’affluence croissante de visiteurs. Le tourisme est l’un des piliers de l’économie néo-zélandaise. Le pays, qui compte quelque 4,5 millions d’habitants, a vu le nombre de visiteurs augmenter de près d’un tiers ces trois dernières années, atteignant 3,8 millions au cours des douze derniers mois.
"Cette croissance rapide a des conséquences. Notamment sur les coûts et la disponibilité des infrastructures publiques, a indiqué le ministre du Tourisme Kelvin Davis. De nombreuses régions ont du mal à faire face et ont un besoin urgent d’infrastructures améliorées, des toilettes publiques aux parkings."
Ainsi à partir de la mi-2019, une taxe de 25 à 35 dollars néo-zélandais (de 15 à 21 euros) sera demandée aux touristes étrangers, qui se verront aussi infliger à compter de novembre prochain une hausse de leurs frais de visas. Toutefois, les Australiens et les habitants de la plupart des pays du Forum du Pacifique devraient en être exemptés.
 

Besoin d’infrastructures

Grâce à cette nouvelle taxe, le gouvernement espère récolter, dès la première année, jusqu’à 80 millions de dollars néo-zélandais qui financeront pour moitié les infrastructures et pour moitié des mesures de protection de l’environnement.
M. Davis a démenti que ces mesures puissent dissuader les étrangers de visiter la Nouvelle-Zélande. "Si l’on compare ces frais additionnels au coût du voyage pour quelqu’un qui vient, disons des États-Unis, ce qui représente environ 1 200 dollars néo-zélandais, cette taxe ne fera pas une grande différence", a-t-il dit.
D’après des données publiées en septembre par Tourism New Zealand, l’organisation chargée de promouvoir l’industrie du tourisme, 35  %des habitants estiment que les "visiteurs internationaux mettent trop de pression" sur le pays, contre 18  %en décembre 2015. Une grande majorité de Néo-Zélandais soutiennent cependant l’industrie touristique.

Les prix de l’immobilier flambent

Dans de nombreuses destinations de la planète, les habitants sont de plus en plus exaspérés par les conséquences de la fréquentation touristique, qui, certes, bénéficie à l’économie locale mais fait décoller le coût de la vie.
Le boom des locations saisonnières de type Airbnb a fait grimper les prix de l’immobilier, évinçant de certains quartiers les classes populaires mais aussi certaines classes moyennes. Certains se plaignent aussi que la facture des transports publics ou du nettoyage des lieux publics fréquentés par des hordes de touristes soit acquittée par le contribuable.
Dans les endroits saturés en permanence, comme Barcelone ou Venise, des mouvements antitouristes ont vu le jour.
Des villes comme Dubrovnik imposent des quotas de fréquentation. À Paris, Berlin ou Tokyo, les locations touristiques sont désormais encadrées pour limiter le nombre de nuitées.

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier