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Takanini se lève contre la pêche industrielle aux Marquises


Vendredi 1 Décembre 2017 - écrit par Dominique Schmitt


Fervent défenseur de son archipel, le groupe marquisien de reggae est hostile au projet de pêche industrielle qui agite les hautes sphères. Takanini le clame haut et fort dans son nouvel opus intitulé Ua toto te henua, qui signifie "Pluie de sang sur la terre"… Rencontre sans langue de bois avec Poiti, le leader de la formation musicale.



Poiti : "On parle d'une manne financière,  mais elle ne bénéficie jamais à la plupart des habitants". crédit photo : DR
Poiti : "On parle d'une manne financière, mais elle ne bénéficie jamais à la plupart des habitants". crédit photo : DR
Né à Taiohae, sur l’île de Nuku Hiva, aux Marquises, Sylvain Teikiteetini alias Poiti a composé sa première chanson Tama Enana (Un enfant marquisien) après la disparition de Lucien Kimitete, conseiller à l'assemblée territoriale et maire de Nuku Hiva. Le 23 mai 2002, en pleine campagne électorale, un bimoteur Piper PA-34 disparaissait dans l'archipel des Tuamotu. À bord de cet avion qui devait relier les atolls de Kaukura et de Makemo se trouvaient aussi Boris Léontieff, conseiller à l'assemblée et maire de Arue, Arsen Tuairau, Ferfine Besseyre et le pilote Gilbert Kelly. Le mystère de cette catastrophe aérienne qui a décapité le mouvement autonomiste polynésien reste entier à ce jour. Depuis ce drame, à travers ses chansons, Poiti et son groupe revendiquent leurs valeurs culturelles, le manque de respect des hommes envers leur terre et le pouvoir destructeur de la mondialisation.
En janvier dernier, Takanini a sorti l'album Atakua (Nature), reconnaissable avec sa jaquette qui représente la cascade Vaipo (ou d’Hahuii), ...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier