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Transition Énergétique : Kauai, l’exemple à suivre pour Tahiti


Vendredi 4 Mai 2018 - écrit par Terii Vallaux


Kauai, île de l’archipel hawaiien, possède de grandes similitudes de consommation d’énergie avec Tahiti. En moins de quinze ans, la part des énergies renouvelables y a été multipliée par six grâce à la gestion par une coopérative citoyenne d'usagers du service public de l'électricité. Certainement un modèle à suivre.



Crédit photo : Tesla
Crédit photo : Tesla
L’énergie étant à la base de toute activité économique, les conditions nécessaires à une transition énergétique réussie, et en particulier l'indispensable refonte de la gestion du service public de l'électricité, font l'objet de par le monde de nombreux débats publics pluralistes et approfondis.
Chez nous, toutefois, ces débats se déroulent trop souvent bien à l'écart des usagers du service public, usagers qui constituent pourtant la finalité dudit service et qui le financent.
Certes, il y a eu ces dernières années un certain progrès avec le versement aux débats de rapports émanant d'institutions de contrôle ou d'audit indépendantes, comme la Chambre territoriale des comptes (CTC) et la Commission de régulation de l’énergie (CRE), à l'autorité et à l'impartialité indiscutables, mais leurs contributions, nécessairement ponctuelles, sont quelque peu limitées car élaborées à partir d'une expertise résultant de l’expérience des systèmes énergétiques de France continentale, aux conditions naturelles physiques et climatiques très différentes des nôtres.
Ces contributions "extérieures", certes fort utiles, ne sauraient pallier l'insuffisante implication des usagers eux-mêmes qui ne paraissent pas les bienvenus dans ces débats et qui en tout cas ne sont vraiment pas encouragés à comprendre les enjeux et à s'exprimer. Ainsi, en tant qu'usager du service public de l’énergie, j'ai moi-même dû faire appel à la CADA (Commission d'accès aux documents administratifs) pour enjoindre le gouvernement (Avis n° 20162940 du 21 juillet 2016) à me permettre enfin l'accès au rapport annuel du délégataire de service public EDT-Engie pour l'exercice 2014...


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Des vœux mais pas de mea-culpa…

La fin de l’année 2018 a été marquée par la traditionnelle – et soporifique – cérémonie des vœux du président de la République française. Sans surprise, Emmanuel Macron reste davantage le chef de l’État du “qu’ils viennent me chercher” que celui du mea-culpa. Dans un discours long d’une quinzaine de minutes, presque auto-thérapeutique, Macron, debout et droit comme un “i” face à la caméra, ne se remet pas une seule fois en question. Si le jeune loup admet que “l’année 2018 ne nous a pas épargnés en émotions intenses de toute nature”, il considère que la colère des Français exprimée avec le mouvement des Gilets jaunes “venait de loin” et a éclaté en raison notamment d’un “système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance”. Il évoque des “changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens”, sans porter à aucun moment la responsabilité des événements. Il n’hésite pas cependant à affirmer que “l’ordre républicain sera assuré sans complaisance”. Une attitude plutôt hautaine pour le leader de la cinquième puissance économique mondiale qui n’a pas su toucher le cœur du peuple. Alors que sa venue au fenua était programmée en février puis en mars prochain, avec pour objet principal un sommet France-Océanie, aucune date n’est arrêtée pour l’heure.
Aussi, sur le plan local, les vœux d’Édouard Fritch n’ont pas réussi à convaincre non plus. Succinct, son laïus a été axé sur la prévention sociale : “Nous sommes trop souvent les témoins de drames familiaux, de morts sur la route, en raison de la consommation d’alcool ou de drogue. Ce sont de véritables fléaux. Le surpoids, le diabète et ses graves conséquences sanitaires sont un autre fléau. Nous renforcerons nos campagnes de prévention.” Il était temps. A contrario, pas un mot sur les grands chantiers en cours, comme ceux du Village tahitien ou de la ferme aquacole de Hao, deux projets qui semblent aujourd’hui au point mort… Et puis, si M. Fritch a reconnu, le 15 novembre dernier, que les hommes politiques ont menti pendant trente ans à propos des essais nucléaires, rappelons tout de même que non seulement Gaston Flosse a poussé son ancien gendre à l’annoncer publiquement en le titillant ouvertement mais, surtout, le président de la Polynésie française avait déjà déclaré en mars 2017, lors des obsèques de Bruno Barrillot (cofondateur de l’Observatoire des armements), que sa prise de conscience sur les conséquences des essais nucléaires français avait été tardive et qu’il avait cru au discours sur la “bombe propre” jusqu’en 2009 et au début des travaux parlementaires sur la loi Morin… On ne peut pas franchement parler de mea-culpa au sens propre du terme, quand cela est servi à la population presque une décennie plus tard.
On retiendra tout de même l’un des trois vœux de Macron ; outre ceux de la dignité et de l’espoir, il souhaite que la vérité soit faite : “On ne bâtit rien sur des mensonges ou des ambiguïtés. (…) Il faut rétablir la confiance démocratique dans la vérité de l’information, reposant sur des règles de transparence et d’éthique. C’est au fond un vœu pour tous d’écoute, de dialogue et d’humilité.” Étonnant pour celui qui aime museler la presse, mais c’est le vœu également de la rédaction de Tahiti Pacifique, qui aspire pour 2019 à des échanges diaphanes avec les différentes institutions gouvernementales du Pays. L’année dernière, notre magazine avait été boycotté des vœux à la presse par l’entourage de M. Fritch. Ironie de l’histoire, le président avait insisté sur sa volonté de mettre fin aux fake news et de rendre aux journalistes leur liberté d’expression. Même si on ne croit plus au Père Noël, on attend cette fois notre carton d’invitation ! Très belle année à tous en compagnie de votre magazine qui fait peau neuve et, bien sûr, meilleurs vœux.

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt