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Une question en suspens : faut-il rapatrier nos biens culturels ?


Vendredi 8 Février 2019 - écrit par WW


Alors que les anciennes colonies réclament, les unes après les autres, la restitution de leurs biens culturels, qu’en est-il de la Polynésie française ? D’ailleurs, qui d’entre nous, ici, se préoccupe vraiment de savoir qui détient quoi ? Bien qu’une législation en faveur de la protection du patrimoine polynésien ait récemment été mise en place, nous ne pouvons soupçonner le nombre de nos biens culturels dispersés dans les collections muséales et les collections privées du monde. Une part inestimable de notre patrimoine nous échappe et nous devrions fermer les yeux ? Pourtant, même si l’Histoire ne peut se réécrire, aujourd’hui, nous avons le choix. Demandons-nous simplement si la reconstitution de notre patrimoine culturel fait partie de nos priorités.



Sculpture du dieu A'a (bois de santal) provenant de Rurutu et datée du XVIIe siècle. Crédit photo : DR
Sculpture du dieu A'a (bois de santal) provenant de Rurutu et datée du XVIIe siècle. Crédit photo : DR
Si localement, la question ne nous effleure pas l’esprit, ailleurs, le sujet fait débat. Le 23 novembre dernier, un communiqué de l’Élysée annonçait, entre autres, la restitution de 26 œuvres au Bénin. L’affaire prend ici une tournure tout à fait inattendue, puisqu’en 2016, lorsque le pays réclame ses trésors à la France, la réponse est clairement défavorable. Aujourd’hui, enfin, le Bénin obtient gain de cause et la promesse "que la jeunesse africaine ait accès en Afrique et non plus seulement en Europe à son patrimoine et au patrimoine commun de l’humanité". Dans un autre cas de restitution, nos voisins de Nouvelle-Zélande, militent, quant à eux, depuis le début des années 1990, pour le rapatriement sur leur terre d’origine des dépouilles maories conservées dans les musées du monde.

Dans le Pacifique aussi, de nombreux "objets" ont été prélevés et collectés, d’autres ont été échangés ou offerts, et il est avéré, même sans grande exactitude, que beaucoup d’entre eux ont  simplement été marchandés, et finalement dispersés, localement et internationalement. Le plus souvent, ces échanges n’ont laissé que peu de traces, et nous ne pouvons dire que les recherches sur le sujet soient très abondantes. Pourtant, les faits sont là. Combien d’objets anciens sont exposés sous cloches et en vitrine, ou encore, perdus dans les réserves des musées étrangers ? Et combien d’entre eux se sont vendus aux enchères ? Cette réalité concerne de nombreux pays, et la liste s’allonge au fur et à mesure que de nouveaux pays en voie de développement redécouvrent leur patrimoine et en font un critère de croissance, voire même de renaissance. Certains diront peut-être que le débat de la restitution ne date pas d’hier. Certes, la question est ancienne, mais elle continue d’être un sujet d’une brûlante actualité.

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Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier