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Urbanisme du Grand Papeete : les aménagements laissent à désirer


Vendredi 11 Janvier 2019 - écrit par Nathalie Vanquin


L’année 2018 a vu une restructuration de la circulation dans le Grand Papeete, avec des travaux de-ci de-là qui n’ont pas toujours fait l’unanimité. L’aménagement du front de mer a longtemps été une gêne pour les commerçants, dont certains estiment que tout n’a pas été bien pensé. D'autres grands travaux pour un meilleur accès à la ville sont en projet.



Crédit photo : DR
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La plus importante polémique entendue, vue, postée sur les réseaux sociaux aura été celle concernant les travaux en eux-mêmes et la manière dont ils ont été accomplis. Interrogé sur les aménagements, un commerçant du front de mer, qui souhaite rester anonyme, partage sa perspective : "À mon sens, il n’y a pas eu de coordination, ce qui aurait évité le gaspillage. Pour déranger le moins possible, il aurait fallu faire tranche par tranche. On construit, on casse, on reconstruit et on recasse. C’est lent et long : quinze mois déjà. Nous, commerçants du front de mer, nous avons l’impression que les travaux se sont faits au compte-gouttes, comme un projet qui évolue avec le temps et le budget alloué. En moyenne, nous avons perdu 50% de notre chiffre d’affaires. J’ai l’impression que les autorités se foutent de ce que les commerces peuvent subir."

Autre commerçant connu du front de mer, interrogé à ce sujet et tout aussi virulent, M. Michel Fouchard partage le même avis, en référence aux raccordements au niveau de sa boutique : "Ils mettaient des carreaux. Ils cassaient les carreaux. Ils repassaient des tuyaux et remettaient des carreaux. Puis, ils recassaient à nouveau. Ils s’y sont pris à quatre reprises. Il y a les tuyaux qui nous raccordent à la station d’épuration et nous devons nous raccorder lorsque nous avons des sanitaires. Pourquoi ne pas l’avoir fait au début quand tout était ouvert ? Nous avons demandé à le faire. En réponse : « Ah, on ne sait pas ce que l’on va faire. » Du coup, les travailleurs ont tout rebouché."...

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De l’art de se compliquer la vie

De l’art de se compliquer la vie
L’art de se créer des problèmes quand les champs politique et économique sont dégagés est-il l’apanage de nos élus ? Certainement pas, mais quand même. Il faut leur reconnaître une propension à se crêper le chignon à la moindre occasion, à la moindre contrariété, un peu comme des enfants gâtés. Et l’actualité de ces derniers jours ne viendra pas démentir nos écrits. Les chiffres de l’économie tombent et chaque trimestre apporte un peu plus de crédit à la reprise. Pour les plus sceptiques, pas de "Moody’s Blues", car l’agence internationale y va de son "A3 avec perspective positive", une note que n’a jamais atteinte le Pays. Il a commencé à redistribuer, majoritairement envers les communes, pas moins de 5 milliards de Fcfp. Tout va donc pour le mieux en Polynésie française ? Eh bien, non ! Une crise chasse l’autre, et la politique remplace l’économique.

Dire que des tensions ont vu le jour au sein du Tapura est un doux euphémisme. Et si la maison ne brûle pas encore, Édouard Fritch va devoir jouer les pompiers de service. Des flammèches sont apparues, tout d’abord avec les parlementaires polynésiens à Paris. Ils ont peu goûté – et l’ont fait savoir – de n’avoir pas été consultés lors du soutien du Tapura à La République en Marche (LRM) pour les élections européennes de mai. On imagine leurs explications embarrassées sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat avec leurs pairs centristes. Comme un retour de flamme, l’initiative de la députée Maina Sage : elle a obtenu de l’Assemblée nationale un changement du texte initial sur la reconnaissance du fait nucléaire par l’État, modifiant le terme "contribution" par celui de "mise à contribution". "Le débat nucléaire devrait nous rassembler, il ne devrait pas y avoir de débat sémantique", a déclaré en retour le président Fritch, qui assure avoir laissé faire sa députée…
Outre les parlementaires, c’est ici même, à l’assemblée de la Polynésie française (APF), que le ton est monté au sein des représentants de la majorité pour se mettre d’accord sur la composition des commissions et, notamment, pour choisir leurs différents présidents.
 À tel point que le bruit de la création d’un nouveau groupe politique à l’APF a couru dans les couloirs. Des élus se sont émus des méthodes de management d’Édouard Fritch. Faut-il voir l’intégration d’Angelo Frebault, représentant banni du Tahoera’a, comme une réponse à ces mouvements d’humeur ? Toujours est-il qu’avec maintenant 40 représentants sur 57, le Tapura est en capacité de faire face à quelques grognements, voire à des menaces. 
Quant à l’opposition, elle se gausse. Mais est-elle également à la hauteur de ce que les citoyens attendent de leurs politiques ? Le député Tavini Moetai Brotherson partageait sur un réseau social : "Voilà donc le Tapura qui siège à l’UDI, après avoir soutenu Juppé et Fillon (Les Républicains), mais qui soutient aujourd’hui LRM aux Européennes... Mais dont un membre éminent est accessoirement secrétaire territorial des "Républicains"..." Son parti, après s’être rapproché en d’autres occasions du Parti socialiste, fait aujourd’hui cavalier seul et va même plus loin : il organise son propre scrutin, en appelant la population à déposer des bulletins faits maison "Maohi Nui" dans les urnes des élections européennes ! Quant au Tahoera'a, plutôt discret, il la joue retour au bercail, avec une demande de soutien à la liste des Républicains, après avoir soutenu, il y a deux ans, la candidate Marine Le Pen ! 
J’allais oublier, cerise sur le gâteau, l’arrivée de "The Polynesian Kingdom of Atooi", un gouvernement autoproclamé avec, à sa tête, le roi Ali’i Nui Aleka Aipoalani, qui vit à Hawaii. Les Pakumotu ne sont donc plus seuls !

Les années passent et on a l’impression de vivre toujours la même histoire, sur le fenua. Pathétique ou comique, c’est selon…

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier